Les dividendes perçus par l’Etat actionnaire en 2014 vont plonger
L’Etat actionnaire craint de voir le volume de ses dividendes se réduire fortement l’an prochain. Dans une annexe au projet de loi de Finances 2014 dédiée aux participations financières de l’Etat, le ministère du Budget table en effet sur un montant total de dividendes en recul de 30%, à 3,2 milliards d’euros au titre de l’exercice 2013 contre 4,5 milliards pour l’exercice précédent, ce dernier montant étant stable par rapport à la collecte au titre de 2011.
Afin d’expliquer cet «ajustement», l’Etat avance sans davantage de détail dans le document qu’il lui faut tenir compte pour l’exercice en cours «du contexte économique et financier des entreprises». L’annexe au PLF mise pourtant sur une nouvelle hausse de la marge opérationnelle des sociétés concernées, marge qui avait progressé de 0,9 point à 9,4% en 2012.
Le périmètre de l’Agence des participations de l’Etat (APE), chargée de veiller aux intérêts patrimoniaux de l’Etat au sein de 70 sociétés, comprend 12 entreprises cotées pour lesquelles la valorisation boursière des parts de l’Etat approche 80 milliards d’euros. Parmi ces dernières, la puissance publique a choisi de réduire sa participation en 2013 au capital de Safran (-3,1% du capital à 27,1% en mars), EADS (-2,1% à 12,0% en avril) et ADP (Aéroports de Paris, -3,9% à 50,6% en juin).
Le manque à gagner correspondant en termes de dividende est pourtant marginal par rapport aux 300 millions d’euros de dividendes perçus sur ces 3 lignes au titre de 2012. Si l’opération EADS prive déjà l’Etat de distribution au titre de 2012, celle sur les titres Safran et ADP le priveront l’an prochain à dividende constant d’un total de 12 millions d’euros seulement en tenant compte de l’acompte versé par Safran en décembre 2012.
Autre source de baisse du dividende pour l’Etat, l’«effort» de renoncement au dividende de la part de la SNCF annoncé fin août par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier dans le cadre de la réforme du système ferroviaire. Un dividende ayant atteint 209 millions d’euros au titre de 2012.
L’Etat dispose pourtant d’un socle solide de dividende grâce à la seule ligne EDF, dont il détient 84,5% et qui représente la moitié du portefeuille d’actifs cotés. De quoi engranger cette année au titre de 2012 un dividende de quelque 1,8 milliard d’euros (sans compter 156 millions de dividendes versés en actions).
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