Les discordances politiques ne devraient pas ramener le risque sur l’Italie
Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a déclaré dimanche à La Repubblica qu’il ne voit pas une crise gouvernementale venir après l’approbation du budget. Pourtant, les tensions montent entre le parti démocrate et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) depuis l’alliance formée cet été, ce qui bloque les solutions politiques sur les sujets d’actualité (fermeture de l’aciérie d’Ilva, sauvetage d’Alitalia, etc.) et les pousse à envisager de s’affronter lors des élections régionales de janvier pour contrer La Ligue qui grimpe à nouveau dans les sondages… Luigi di Maio (M5S) croit toutefois au maintien du gouvernement jusqu’au terme du mandat (2023), ce qui est probable pour des raisons techniques qui rendraient une dissolution dangereuse pour son parti.
Les marchés restent donc plutôt confiants, «d’autant que ce gouvernement est davantage enclin à négocier avec l’Union européenne, que la prochaine Commission accueillera un Italien à l’Economie, et que le budget 2019 a finalement été tenu, autour de 2,1% de déficit pour 2,04% négociés l’hiver dernier», rappelle Stéphane Déo, stratégiste de LBPAM, évoquant un montant de -52 milliards d’euros à fin octobre.
«Le budget 2020 en cours d’examen fera encore apparaître des efforts sur les dépenses, note Giada Giani, analyste chez Citi. Avec une croissance estimée à +0,6%, après +0,2% en 2019, il table sur un déficit de 2,2% l’an prochain, à peu près en ligne avec 2019, ce qui devrait permettre au pays d’être tranquille vis-à-vis de la Commission car ce sera le premier exercice à comptabiliser pleinement les mesures de relance budgétaire adoptées cette année.» Notamment le «revenu de citoyenneté» (lancé en mai), le nouveau régime de retraites (progressif), et les baisses de taxes sur le travail et sur l’investissement. Des mesures compensées par d’autres économies, ainsi que par une diminution de la charge d’intérêts sur la dette, même si cette baisse, avec une duration autour de 7 ans, connaît une certaine inertie – «elle représente une économie de 1% de PIB d’ici à 2022», estime Giada Giani.
Les dirigeants ont réussi à éviter la hausse de TVA prévue pour 2020 (de 22% à 25,5%), même si le sujet reviendra automatiquement pour 2021, et travaillent sur de nouveaux projets de taxes - celle sur le «plastique» apparaît trop coûteuse socialement en l’état. «Les risques semblent repoussés à plus tard, sauf si, pour une raison ou une autre, le pays se retrouvait soudain en récession, car ses marges de manœuvre restent particulièrement faibles», conclut Stéphane Déo.
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