Renversement de circonstance en Italie pour faire barrage à Matteo Salvini
Un répit en pleine crise politique. Habituellement ennemis jurés, le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) et le Parti démocrate ont annoncé mercredi soir un accord en vue de former un nouveau gouvernement de coalition en Italie. Objectif : éviter des élections anticipées à l’automne et réduire les incertitudes sur le plan budgétaire et économique. En outre, après plusieurs journées de tractations, le M5S a obtenu du Parti démocrate qu’il accepte la reconduction de Giuseppe Conte, proche du M5S, à la présidence du Conseil. Il est convoqué ce jeudi matin au siège de la présidence de la République, où le chef de l’Etat Sergio Mattarella devrait le charger de former un nouveau gouvernement.
Il avait démissionné le 20 août dernier à la suite de l'éclatement de la coalition formée depuis juin 2018 par le M5S et la Ligue d’extrême droite de Matteo Salvini. Quelques jours avant, ce dernier avait réclamé des élections anticipées, rompant brutalement la coalition qu’il avait formée en juin 2018 avec le M5S, fort de sa popularité. Mais selon un sondage publié par le Corriere della Sera, sa cote de popularité a plongé de 15 points depuis qu’il a fait éclater la coalition.
«Il y a un accord politique avec le Parti démocrate selon lequel Giuseppe Conte devra obtenir le mandat de président du Conseil pour tenter de former un gouvernement de long terme», a expliqué le chef du M5S, Luigi Di Maio, mercredi soir à l’issue d’un entretien avec le chef de l’Etat. Reste à trouver un accord sur les ministères clés et sur un programme commun de gouvernement.
En toute logique, la perspective d’un nouveau gouvernement dirigé par Conte a été saluée par les marchés financiers, qui y voient un garde-fou contre des déficits excessifs et contre une nouvelle confrontation à l’Union européenne. Les rendements des obligations italiennes à 10 ans sont tombés mercredi en début d’après-midi à un plus bas de 0,9729%, sous la barre symbolique de 1% pour la première fois de leur histoire, avant de repasser au-dessus, à 1,0329% vers 17 heures. L’écart entre le taux italien à dix ans et le taux allemand de même échéance (spread) s’est resserré jusqu'à 172 points de base, un niveau plus vu depuis mai 2018.
L’économie italienne est dans une situation préoccupante, alors que l’indice de confiance des entreprises et celui des consommateurs en Italie ont reculé en août : ce dernier est passé de 113,3 à 111,9, selon l’Institut national des statistiques (Istat).
Plus d'articles du même thème
-
Les Etats-Unis tentent d’éviter un blocage budgétaire avant les élections
La Chambre des représentants a adopté un projet de loi visant à reporter le débat sur le financement annuel fédéral au-delà des élections de mi-mandat du 3 novembre. Reste à le faire passer au Sénat, où les délais semblent trop courts pour un accord bipartisan -
La Fed prépare une réunion monétaire incertaine
Entre les discours plus restrictifs de Kevin Warsh et les tensions en Iran, les marchés ont relevé à près de 40% la probabilité d’une hausse de taux ce mercredi à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. Une telle hausse surprise, non téléguidée par le président de la banque centrale, serait une première en dehors des périodes de crise. -
La démission surprise du gouverneur de la Banque d'Indonésie place le pays sous surveillance
La première sous-gouverneure a été nommée par intérim, mais les investisseurs scrutent la désignation du successeur de Perry Warjiyo. Elle sera considérée comme un révélateur du niveau d’indépendance à venir de la banque centrale.
ETF à la Une
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Contenu de nos partenaires
-
Canicules : Monique Barbut évoque une facture de « 10 à 15 milliards d’euros »
Selon la ministre de la Transition écologique, les canicules à répétition cet été pourraient coûter à la France « de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros ». -
Sauvée des cendresAprès les incendies de l'été, Matignon relance le projet de loi sur la sécurité civile
Une mission a été confiée par le Premier ministre à sept parlementaires. Ils doivent travailler à une nouvelle loi sur la sécurité civile, à la lumière des événements récents, pour actualiser un projet de texte qui traîne depuis des mois -
TribuneIA : « Il ne faut ni interdire, ni promouvoir les modèles chinois mais laisser le marché juger »
Les décideurs politiques européens semblent envisager de se tourner vers les modèles ouverts chinois comme une assurance face à des Etats-Unis peu fiables. Mais une adoption officielle de ces systèmes pourrait étouffer les modèles européens