Les prix du pétrole se sont maintenus au-dessus de 41 dollars le baril hier, portés par la faiblesse du dollar et par les premiers détails concernant la réunion des pays exportateurs de pétrole prévue le 17 avril à Doha. Le Qatar, qui assume cette année la présidence tournante de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a annoncé hier avoir envoyé des invitations à tous les membres de l’organisation ainsi qu’aux principaux exportateurs non membres. L’objectif affiché de la réunion, qui ne sera pas à proprement parler une réunion de l’Opep, est de geler la production aux niveaux de janvier.
L’efficacité de la réunion est néanmoins remise en question, alors que la participation de l’Iran n’est toujours pas actée et que la Libye a laissé entendre via son délégué à l’Opep qu’elle ne s’engagerait à aucun gel de production. Le pays a en effet vu sa production de pétrole se réduire d’environ 75% depuis le début des troubles il y a cinq ans. Le Brésil et l’Argentine ont également décliné l’invitation.
La perspective d’un accord, même symbolique, a tout de même soutenu les marchés ces dernières semaines. Le secrétaire général de l’Opep, Abdalla El-Badri, s’est d’ailleurs félicité lundi lors d’une conférence organisée à Vienne du succès de la stratégie initiée il y a deux ans par l’Arabie Saoudite. La baisse entamée de la production hors-Opep et la chute des activités de forage aux Etats-Unis devraient permettre au marché de se stabiliser de lui-même, a-t-il précisé.
Mais la remontée des prix du pétrole est d’abord due à «l’augmentation des positions longues nettes d’investisseurs» pour Abhishek Deshpande, analyste des marchés du pétrole pour Natixis. «La demande chinoise et américaine en produits pétroliers n’a pas été si forte que cela sur les deux premiers mois de l’année», précise-t-il, alors que les capacités de stockage sont proches de leur taux d’utilisation maximum. Dès lors, «il est possible qu’on observe une correction avant un rebond plus soutenu à partir de mai-juin, après cela tout dépendra de l’issue des discussions le 17 avril.»
A moyen terme, la baisse drastique des investissements pétroliers depuis deux ans devrait toutefois se faire ressentir. D’après un rapport de Rystad Energy, les nouveaux puits ne compenseront plus l’érosion de la productivité des forages actuels dès cette année, et le déficit pourrait grimper à plus d’1,2 million de barils par jour dès 2017.
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Le récent repli des matières premières, en raison des tensions sur les taux et la hausse du dollar, ne les empêche pas d’afficher une performance historique cette année, à des plus hauts depuis le super cycle de 2000.
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