Les collectivités françaises ont maintenu leur niveau d’emprunt l’an dernier
Le credit crunch tant redouté n’a pas eu lieu. Les collectivités françaises (communes, intercommunalités, départements et régions) ont emprunté 18,4 milliards d’euros l’an dernier, selon la note de conjoncture sur les finances locales publiée hier par La Banque Postale (LBP). Ce montant reste en retrait de 17,5% par rapport au pic de 2008, mais il a seulement baissé de 2,6% par rapport à 2011.
«L’arrivée de La Banque Postale et l’engagement de la Caisses des dépôts (via ses enveloppes exceptionnelles, NDLR) sont en train de retirer une épine du pied des collectivités», estime Thomas Rougier, directeur des études de LBP, recruté l’an dernier avec son équipe de Dexia. «Mais on peut s’interroger sur leur capacité à maintenir des niveaux d’investissement élevés.»
Compte tenu des échéances électorales à venir, «fin 2013 et à partir de 2014, on aura bien un repli de l’investissement, prédit Thomas Rougier. Reste à répondre à une question: son ampleur.» De façon plus structurelle, sous le poids de la crise économique, des réformes fiscales et de la baisse des transferts de l’Etat aux collectivités (-1,5 milliard d’euros en 2014 puis en 2015), les acteurs locaux devraient continuer à modérer leurs dépenses d’investissement, comme de fonctionnement.
Les premières ont progressé deux fois moins l’an dernier (+1,6%), pour atteindre 52,6 milliards d’euros. Selon LBP, le recours au crédit devrait continuer à représenter environ un tiers de ce total. L’autofinancement restera donc majoritaire mais il fait face à deux écueils. D’une part, l’épargne brute totale des collectivités a baissé de 2,1% l’an dernier (à 39 milliards d’euros), un «phénomène peu courant ces vingt dernières années». D’autre part, «les recettes courantes enregistrent le rythme d’évolution le plus faible depuis 2011 (+1,8%, après +3,9% en 2011) sous l’effet notamment d’une baisse de la croissance des recettes fiscales et du gel des dotations de l’Etat.»
Dans ce contexte, les dépenses de fonctionnement ont crû de 2,7% en 2012, après une hausse de 3,2% un an plus tôt, «en raison de la fin du processus de transfert de compétences, d’un effort de maîtrise des dépenses et d’un repli des frais financiers». Les frais de personnels, achats et prestations sociales ont atteint 164,6 milliards d’euros l’an dernier. Soit une charge proche des 161 milliards d’euros d’encours de dette des collectivités.
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