Les Bourses européennes repartent à la baisse
Après avoir tenté vendredi à l’ouverture un nouveau rebond, dans le sillage de Wall Street et de l’annonce jeudi soir du soutien massif des grandes banques américaines à l’établissement en difficulté First Republic, les places boursières européennes ont rapidement effacé leurs gains et sont désormais dans le rouge vif.
Au terme d’une semaine extrêmement difficile, marquée par le spectre d’une crise bancaire après plusieurs défaillances de banques régionales américaines et les difficultés de Credit Suisse, l’indice Stoxx Europe 600 a cédé 1,2%, à 436,3 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 ont abandonné 1,4% chacun. Le DAX 40 à Francfort a perdu 1,3% et le FTSE 100 à Londres s’est replié de 1%. Sur l’ensemble de la semaine, le Stoxx Europe 600 a abandonné 3,9%.
Wall Street a ouvert en repli, l’indice S&P 500 perdant 1% et le Nasdaq 0,75%.
La banque régionale américaine First Republic Bank a reçu jeudi le soutien financier de onze grandes banques sous la forme de dépôts non assurés totalisant 30 milliards de dollars (28,3 milliards d’euros), dont Bank of America, Citigroup, JPMorgan et Wells Fargo pour un montant de 5 milliards chacune. Les grandes banques américaines, qui ont bénéficié ces derniers jours d’un afflux massif de dépôts après les défaillances de Silvergate, de Sillicon Valley Bank (SBV) et Signature Bank, veulent montrer qu’elles sont au chevet des plus petites pour éviter une crise.
A lire aussi : Credit Suisse réveille le spectre d'une crise bancaire
14e banque américaine
Le secteur bancaire est de nouveau en forte baisse en Europe, l’indice EuroStoxx des banques plongeant de 2,7%. A Zurich, l’action Credit Suisse a rechuté de 8%, après le rebond de jeudi suite au soutien des autorités suisses.
Autre signe de nervosité du marché, les indices de volatilité, qui étaient en repli dans la matinée, s’écartent désormais à 24,9 pour le Vix et 29,9 pour le VStoxx.
Pour la quatrième semaine consécutive, les sorties sur les actions se sont poursuivies mais ont été faibles à 26 millions de dollars, selon Barclays sur la base des données d’EPFR Global. Les actions américaines, malgré la forte baisse du marché, ont attiré 2,8 milliards (les autres zones étant en décollecte) sur une période de sept jours au 15 mars. «Les entrées sur les actions américaines ont été menées par le secteur de la technologie, ainsi que par les secteurs défensifs comme les utilities, la santé et la consommation non cyclique», indique Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays. Les services financiers et la consommation discrétionnaire ont également enregistré des achats à l’inverse de l'énergie, des matériaux et de l’industrie. En Europe, le secteur des télécoms est le seul à avoir enregistré des flux entrants, tandis que les financières, sans surprise, ont enregistré des sorties, accompagnées par la consommation discrétionnaire et la santé.
Les investisseurs ont surtout privilégié les actifs refuges, face aux craintes sur le secteur bancaire, avec une collecte record depuis avril 2020 pour les fonds monétaires de 112 milliards de dollars sur la semaine. Les fonds d’emprunts d’Etat américains ont également bénéficié de la fuite vers la qualité avec des entrées de 9 milliards au plus haut depuis mai 2022.
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