Les Bourses adaptent leurs tarifs aux pratiques des traders à haute fréquence
Les Bourses américaines sont en train d’adapter leur tarification au développement des traders à haute fréquence pour les dissuader d’annuler une trop grande part de leurs ordres et améliorer ainsi l’efficacité du marché. Plusieurs plates-formes en Europe ont déjà mis en place des systèmes de ce type alors que les régulateurs européens et américains réfléchissent aux moyens d’encadrer cette technique de négociation accélérée grâce à des algorithmes. Elle représenterait de 30 à 35% des transactions réalisées en Europe et 50 à 60% de celles qui le sont aux Etats-Unis.
Pour promouvoir «un marché plus efficient», Direct Edge compte proposer une tarification plus avantageuse aux membres qui exécutent au moins un ordre sur 100 passés en moyenne sur un mois. Si leur taux d’annulation dépasse ce ratio, leur tarif préférentiel sera réduit de 0,0001 dollar par action. Cette grille tarifaire, qui doit encore être approuvée par le régulateur américain, ne sera pas appliquée aux «teneurs de marché» de l’opérateur.
Nasdaq OMX proposera la même dérogation, lui qui a annoncé mercredi le lancement des nouveaux tarifs en juin. Ses utilisateurs seront pénalisés s’ils exécutent moins d’un ordre sur 100 envoyés et surtout si les ordres non exécutés sont éloignés du meilleur prix demandé ou offert sur l’ensemble des marchés américains (national best bid and offer). La Bourse explique que ces ordres peuvent «représenter une charge de données lourdes à traiter pour les participants et qu’ils font peu pour améliorer la qualité du marché transparent».
En Europe, récemment, Deutsche Börse et Borsa Italiana ont mis leur grille tarifaire à jour de façon à dissuader les opérateurs d’annuler systématiquement leurs ordres. Nyse Euronext dispose d’un système similaire, adapté en 2007 pour faire place aux traders à haute fréquence. Les clients de la Bourse qui n’atteignent pas le ratio de 1 ordre exécuté pour 100 passés sont peu nombreux.
Si certains soutiennent que le trading à haute fréquence apporte de la liquidité au marché, les régulateurs sont bien décidés à encadrer cette pratique, pointée du doigt depuis le «flash crash» de mai 2010 à Wall Street. En Europe, le projet de révision de la directive MIF souhaite renforcer les systèmes de contrôle des risques et définir un ratio maximal d’ordres non exécutés acceptable.
Plus d'articles du même thème
-
Tesla réduira la production du Cybertruck dans son usine texane en 2027
Alors que ce modèle peine à trouver sa clientèle, la victoire du parti démocrate dans cet Etat a sans doute influencé la décision prise par Elon Musk. -
L’Europe et l’Asie trinquent après Wall Street
La débâcle de la tech à la Bourse de New York jeudi fait plier les places financières en Asie ainsi qu’en Europe, mais dans une moindre mesure. Un rebond est attendu à Wall Street mais les investisseurs devraient rester prudents. -
TP s’effondre en Bourse après un avertissement sur son chiffre d’affaires
Le géant des centres d'appels révise ses ambitions à la baisse pour 2026 après le recul de ses ventes depuis le début de l'année.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Gouvernement, syndicats, candidats… Qui dit quoi sur l’augmentation du smic ?
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, est favorable à une augmentation du salaire minimum à 1 500 euros nets. Les syndicats demandent une revalorisation plus ambitieuse -
« C’est un petit désastre » : comment expliquer la dégringolade des valeurs boursières de l’IA ?
Le Nasdaq a essuyé sa pire séance en 19 mois après la conquête du Congrès américain par les démocrates. La valorisation boursière des géants comme Nvidia ou Tesla vacille sous l'effet de la peur d'une régulation stricte -
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ?