Les besoins de financement de l’Italie restent à définir
Dans le cadre de l’adoption d’un décret concernant le sauvetage de Veneto Banca et Banca Popolare di Vicenza, l’Etat italien devra certainement devoir augmenter ses appels au marché. Même si aucun montant n’a été annoncé, le ministre de l’Economie Pier Carlo Padoan a précisé que le total des fonds mobilisés par l’Etat pourrait s'élever à 17 milliards d’euros. Or, Rome prévoyait jusqu’ici de réaliser 281 milliards d’émissions brutes au cours de l’année, le montant le plus élevé de la zone euro et en augmentation par rapport aux 250 milliards levés sur 2016. Le pays n’a couvert pour le moment qu’environ la moitié de ses besoins de financement et prévoit d’émettre 12,5 milliards supplémentaires au cours de cette semaine, dont 9 milliards d’obligations d’Etat à moyen et long terme (BT) vendredi.
Dans ce contexte, UniCredit anticipe des émissions totales d’obligations souveraines au sein des pays de la zone euro de 20 à 22 milliards d’euros cette semaine, principalement italiennes, et un appel total au marché de 52 à 61 milliards au cours des 4 prochaines semaines. L’Espagne prévoit d’émettre au moins 12 milliards d’euros, et l’Allemagne et la France 10 milliards chacune d’ici la mi-juillet. Le marché des titres d’Etat sera néanmoins confronté à des tombées de quelque 87 milliards d’ici fin juillet, ce qui conduira à des volumes nets négatifs de 30 à 40 milliards. Les remboursements seront concentrés fin juillet, avec 35,7 milliards de tombées sur les OAT françaises, et 26,7 milliards en Espagne, avec une liquidité négative dans les deux pays, alors qu’elle sera fortement positive en Allemagne et aux Pays-Bas.
L’Irlande et la Belgique, qui ont des besoins de financement limités à respectivement 13 et 35 milliards cette année, sont les plus avancées, avec 71% et 68% qui ont déjà été couverts. Si l’Italie et la France ont couvert un peu plus de 60% de leurs besoins, soit un niveau en ligne avec celui de la moyenne de la zone euro, la Finlande et l’Allemagne sont les plus en retard avec des niveaux de couverture limités à moins de 50%. Il reste plus de 400 milliards d’euros de besoins à couvrir d’ici la fin d’année en zone euro, dont au moins 35% proviendront d’Italie, 21% d’Allemagne, 17% de France et 13% d’Espagne, selon les programmes officiels. Moody’s rendra vendredi le verdict sur sa revue de note Aa3 et Baa2 qu’elle accorde à la Belgique et à l’Espagne, même si les 2 pays sont sous perspective stable.
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