Les banques françaises très diversement exposées au risque LBO
Depuis la restructuration de la dette de Monier (deux milliards d’euros), les regards se sont tournés vers le risque lié aux prêts de LBO. Dès lors, les banques françaises ont communiqué sur leur exposition à l’occasion de leurs résultats. Un mouvement également dicté par le sentiment, partagé par certains, qu’elles sont insuffisamment couvertes contre les risques de défaut de leurs débiteurs.
Les situations des banques en la matière sont très diverses (voir tableau). La composition des portefeuilles rend les comparaisons difficiles. Le montant affiché par BNP Paribas correspond à sa part de marché dans le financement de LBO dans l’Hexagone. Il recouvre 400 transactions, soit une exposition moyenne de 21,5 millions d’euros, alors qu’elle est de 1,8 million chez BPCE – qui est donc moins exposée à un risque individuel. Si Dexia n’affiche aucune provision, c’est parce que ses créances correspondent en fait à 90 % à des financements d’infrastructures publiques.
La ventilation sectorielle et géographique donne également des indications. Natixis est la plus diversifiée en secteurs : la distribution, pôle le plus représenté, ne pèse que 10,4 % des montants. Mais 39 % des créances proviennent de dossiers américains – une perspective moins rassurante. A l’inverse, le portefeuille de BNP Paribas est exposé à 82 % à des sociétés européennes ; un argument repris par la banque pour assurer de sa maîtrise sur ses dossiers.
Il convient enfin de distinguer les provisions « collectives », préventives (comme les 447 millions du Crédit Agricole), des provisions « individuelles », correspondant à des risques avérés sur des dossiers précis. Le cas Monier explique sans doute en partie le montant affiché par BNP Paribas (co-arrangeur du financement), même si la banque ne fait pas le distinguo.
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