Les banques françaises taillent dans les bonus
Confrontées à la crise de la zone euro, les établissements français ont adapté leurs politiques de rémunération à la baisse, conformément à leurs résultats. Les métiers de banques de financement et d’investissement (BFI), en particulier sur les marchés, sont les plus emblématiques. Qui plus est, les banques françaises ont annoncé des plans significatifs de réduction d’activités pour les années à venir.
BNP Paribas a annoncé vendredi à ses salariés une enveloppe globale au titre de 2011 inférieure de moitié à celle de l’année précédente, conformément aux déclarations de son nouveau directeur général, Jean-Laurent Bonnafé. Ce recul est légèrement supérieur à celui des résultats de sa BFI, en baisse de 40% l’année dernière.
La Société Générale a emboîté hier le pas de sa rivale. Frédéric Oudéa, son président directeur général, avait fait savoir le mois dernier que les bonus baisseraient de 44% dans l’ensemble des métiers de BFI. Dans le cas des activités de marché, les salariés recevront en moyenne une rémunération variable de 50% inférieure. Le bénéfice de la BFI de la Société Générale a reculé de 63% en 2011.
Chez Crédit Agricole SA (CASA), qui suivra en fin de semaine, son directeur général Jean-Paul Chifflet a déjà indiqué que la baisse des bonus atteindrait jusqu’à 40% dans certaines activités de courtage. Pour Natixis, filiale du groupe BPCE, l’enveloppe des bonus allouée aux preneurs de risques recule de 34%. Au rang des filiales françaises de banques étrangères, rien de mieux n’est à espérer. Chez HSBC France, les bonus seront quasiment nuls en banque de marché.
Selon les règles adoptées par les banques françaises en 2009 à la suite de la crise consécutive à la faillite de Lehman Brothers, les enveloppes destinées aux professionnels de marché – pour certaines banques à l’ensemble de la BFI – sont calculées à partir du bénéfice net de l’activité, après déduction des frais généraux, du coût de la liquidité, du coût du risque et du coût de capital. La part versée en différé est importante pour les individus ayant un effet sur le profil de risque des établissements: dans le document annuel réglementé sur les politiques et les pratiques de rémunérations publié en mai 2011, elle représentait par exemple entre 40% et 60% selon le niveau de rémunération chez BNP Paribas et entre 40% et 70% pour la Société Générale.
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