Les banques françaises perdent leurs positions dans le financement
Depuis la crise de l’été et les doutes relatifs à la liquidité des banques européennes, les établissements français ont, l’un après l’autre, annoncé leur repli des activités fortement consommatrices de dollars, essentiellement le financement de projets, le financement export (trade finance) et le financement aéronautique. Ces décisions commencent déjà à produire leurs effets, si l’on en croit les classements internationaux.
En effet, pour les banques de financement et d’investissement (BFI) de BNP Paribas, du Crédit Agricole, de la Société Générale et, dans une moindre mesure, de BPCE (à travers Natixis), ces métiers constituaient traditionnellement des atouts face à leurs concurrents internationaux.
Selon l’agrégateur Dealogic, BNP Paribas, CA CIB (la BFI de la banque verte) et SG CIB (la BFI de la Société Générale) occupaient respectivement les quatrième, huitième et onzième places mondiales en tant qu’arrangeur principal dans le financement de projet au deuxième semestre 2010. Au 30 juin 2011, elles faisaient encore mieux (deuxième, sixième et septième) en dépit du fait qu’elles aient préféré sortir du marché indien, le plus gros du monde, mais où les banques locales sont accusées de faire du dumping.
Mais au deuxième semestre, c’est la chute: SG CIB descend en deçà de la quinzième place, CA CIB en perd deux, tandis que BNP Paribas dégringole en treizième position. Toujours concurrencées par les établissements indiens State Bank of India et IDBI, elles ont aussi été délogées par d’autres établissements asiatiques (les japonais Sumitomo Mitsui et Mitsubishi UFJ, l’australien ANZ et le coréen KDB).
Il est des métiers dans lesquels les banques françaises résistent. Le financement export demeure une place forte, malgré un léger recul. BNP Paribas, SG CIB et CA CIB occupaient le trio de tête mondial au deuxième semestre 2010, avec Natixis à la septième place; un an plus tard, BNP Paribas et SG CIB ont reculé d’une place, CA CIB est cinquième et Natixis quatorzième. «Les banques européennes ont toujours eu une part très importante dans les métiers du financement de projet ou du commerce international, qui sont libellés en dollars même pour des corporates européens, expliquait en septembre le dirigeant d’une banque française à L’Agefi. Les américaines ont toujours été moins présentes et quelques acteurs importants comme ABN Amro ont disparu. On ne va pas arrêter ces métiers, mais retourner à un modèle plus proportionné à l’économie européenne».
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