Les banques européennes sont encore loin du compte sur Bâle 3
Si Bâle 3 avait été intégralement appliqué au 30 juin 2011, les principales banques européennes auraient affiché un déficit de capital de 242 milliards d’euros pour atteindre le ratio cible de fonds propres purs core equity tier one (CET1) –fixé à 7% par le Comité de Bâle, en additionnant le ratio plancher de 4,5% et le coussin de capital («capital conservation buffer») de 2,5%.
C’est l’un des enseignements de la première étude réalisée par l’Autorité bancaire européenne (EBA) pour mesurer les effets des nouvelles règles prudentielles, qui doivent entrer en vigueur entre 2013 et 2019.
Réalisée semestriellement, l’étude publiée hier analyse la situation des banques il y a neuf mois. Les opérations de renforcement des capitaux réalisées depuis ne sont pas prises en compte. 158 banques y ont participé, dont un premier groupe de 48 ayant un capital tier one supérieur à 3 milliards d’euros et exerçant des activités internationales.
Le CET1 de ces 48 institutions serait passé de 10,2% à 6,5% en moyenne. 44% d’entre elles auraient atteint les 7%, tandis que 80% atteignaient ou dépassaient le plancher des 4,5%. Les résultats sont meilleurs pour les banques du deuxième groupe: leur ratio CET1 reculerait de 9,8% à 6,8%. Elles cumuleraient un déficit de 35 milliards d’euros vis-à-vis de l’objectif de 7%.
«Pour les banques du groupe 1, l’effet général de Bâle 3 résulte autant dans le changement dans la définition du capital que dans la modification du calcul des actifs pondérés (RWA): alors que le CET1 recule de 22,7%, les RWA progressent de 21,2% en moyenne», explique l’EBA. L’inflation des RWA provient essentiellement de l’introduction d’une surcharge relative aux CVA (credit valuation adjustments, liés aux risques de crédit dans les activités de marché).
«Les définitions du numérateur et du dénominateur étant beaucoup plus restrictives, Bâle 3 aboutit de fait à une multiplication du ratio minimum des banques beaucoup plus importante que son augmentation faciale ne le laisse supposer», explique Philippe Brassac, secrétaire général de la Fédération du Crédit Agricole.
Le ratio de liquidité à 30 jours (LCR), qui inquiète particulièrement les banques, atteint en moyenne 71% pour les banques du Groupe 1 et 70% pour celles du Groupe 2. Les deux tiers de l’échantillon n’atteignent pas le seuil 100% ‑dont la totalité des banques du premier groupe. Le déficit en actifs liquides est de 1.150 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar demeure une valeur refuge
Retrouvez comme chaque semaine le chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Intesa Sanpaolo relève de 800 millions d’euros son offre sur MPS
La première banque italienne avertit qu’elle retirera sa nouvelle proposition si les actionnaires de sa cible approuvent fin octobre le projet alternatif présenté par ses dirigeants. -
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture