Les banques étrangères battent les françaises à domicile sur les IPO
Quatre sur les cinq premières places. Les banques étrangères se sont taillé la part du lion au premier semestre sur le marché primaire actions (ECM) français, regroupant les introductions en Bourse, les augmentations de capital, les ventes de blocs et les convertibles.
Selon Dealogic, Goldman Sachs arrive en tête avec 2,4 milliards d’euros placés en dix opérations, soit 14,6% du marché. Deutsche Bank suit avec 1,7 milliard pour onze opérations (10,5%). Grâce notamment à son activité dans les ventes de blocs, pas forcément la plus rémunératrice SG CIB parvient à s’intercaler entre ce duo (1,6 milliard, 10% du marché) et celui composé de Morgan Stanley (9,2%) et BofA Merrill Lynch (7,6%). BNP Paribas n’arrive que huitième avec 858 millions d’euros (5,2%).
Les banques françaises sont passées à côté de la vague d’IPO à Paris. Depuis Numericable, qui a rouvert le marché français, Deutsche Bank a fait le «grand chelem» en participant à toutes les plus grosses opérations (Tarkett, GTT, Elior et Coface), tandis que BNP Paribas n’a travaillé que sur la Coface, dans le rôle secondaire de chef de file et teneur de livre associé. D’ailleurs, à part Natixis pour la Coface grâce aux liens capitalistiques entre les deux groupes, seule CA CIB est parvenue à endosser le rôle de coordinateur global dans une IPO (Elior).
Cette position est doublement importante: mieux rémunéré que le chef de file, «être book runner offre l’avantage de suivre les investisseurs sur le marché secondaire», explique Pierre Fleuriot, directeur général de Credit Suisse en France. D’où parfois l’augmentation du nombre de coordinateurs globaux, jusqu’à quatre sur Elior, alors que ce statut avait justement été créé pour contrer l’effet de déresponsabilisation provoqué par l’inflation de chefs de file et teneurs de livre associés.
Valéry Barrier, responsable de l’equity capital market en France chez Deutsche Bank, voit dans la domination des banques étrangères les résultats de l’avantage de la taille. «La plate-forme de Deutsche Bank est la plus importante de toutes les banques européennes. Cela permet de multiplier les points de contact chez tous les investisseurs, européens et anglo-saxons, et de capter la liquidité», explique le banquier. «Credit Suisse a traité environ 19% des volumes sur le CAC 40. Cela permet de mieux appréhender les attentes des investisseurs», appuie Pierre Fleuriot. La nationalité n’assure donc plus un avantage concurrentiel sur son marché domestique.
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