Les banques d’investissement prises entre les économies et la concurrence des talents

Alors que Goldman Sachs chercherait à limiter la promotion d’associés, les établissements de Wall Street augmentent les postes au bas de l'échelle
Antoine Landrot

Goldman Sachs aurait l’intention de restreindre son cercle de happy fews. Selon le Wall Street Journal, la banque d’investissement souhaiterait limiter à 70 la promotion annuelle d’associés. Aujourd’hui, elle compte 409 associés (sur 34.500 employés) mais choisit de nouveaux élus tous les deux ans en novembre, parmi ses collaborateurs et, dans une moindre mesure, à travers des recrutements.

Ce statut est le bâton de maréchal pour nombre de banquiers de Wall Street. Une promotion importante est donc théoriquement un signe de grande vitalité financière pour la banque. Mais ces dernières années, le nombre d’associés chez Goldman Sachs est resté supérieur à 400 alors que les revenus de l’établissement se sont dans l’ensemble dégradés (ils ont chuté d’un quart entre 2009 et 2013). Les associés étaient 462 début 2013 et 407 en 2012 (avec un pic à 480 en 2011). Il est donc logique de refléter cette tendance. Le nombre pressenti pour la promotion 2014 correspond d’ailleurs à la promotion 2012.

Cette attitude sert un autre objectif: limiter les dépenses. Car le statut d’associé s’accompagne d’une rémunération particulièrement conséquente. Or, les institutions de Wall Street sont très attentives à la réduction des coûts dans un contexte de génération de revenus plus aléatoire et de contraintes réglementaires croissantes, qui pèsent sur leur rentabilité.

Cela dit, promouvoir les talents demeure vital pour les grandes institutions financières, dont le principal capital est humain. Si le sommet de la pyramide reste difficilement accessible dans les banques de Wall Street, la motivation doit être entretenue dans les échelons inférieurs.

Car les salariés à haut potentiel des banques sont de plus en plus attirés par les acteurs de la finance alternative que sont les hedge funds et les fonds de capital-investissement, mais également les équipes –plus étoffées que par le passé– de fusions-acquisitions de grands corporates. Dans ces activités, la contrainte réglementaire est bien moindre, tant en terme d’activité que de rémunération.

C’est pourquoi les banques d’investissement sont contraintes de faire des efforts. Goldman Sachs a par exemple nommé 280 managing directors en 2013 contre 266 en 2012. Plus significatif, l’établissement envisagerait, tout comme JPMorgan et Bank of America, d’accroître les rémunérations des postes junior d’au moins 20% en 2015, selon la presse américaine.

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