Les banques d’investissement prises entre les économies et la concurrence des talents
Goldman Sachs aurait l’intention de restreindre son cercle de happy fews. Selon le Wall Street Journal, la banque d’investissement souhaiterait limiter à 70 la promotion annuelle d’associés. Aujourd’hui, elle compte 409 associés (sur 34.500 employés) mais choisit de nouveaux élus tous les deux ans en novembre, parmi ses collaborateurs et, dans une moindre mesure, à travers des recrutements.
Ce statut est le bâton de maréchal pour nombre de banquiers de Wall Street. Une promotion importante est donc théoriquement un signe de grande vitalité financière pour la banque. Mais ces dernières années, le nombre d’associés chez Goldman Sachs est resté supérieur à 400 alors que les revenus de l’établissement se sont dans l’ensemble dégradés (ils ont chuté d’un quart entre 2009 et 2013). Les associés étaient 462 début 2013 et 407 en 2012 (avec un pic à 480 en 2011). Il est donc logique de refléter cette tendance. Le nombre pressenti pour la promotion 2014 correspond d’ailleurs à la promotion 2012.
Cette attitude sert un autre objectif: limiter les dépenses. Car le statut d’associé s’accompagne d’une rémunération particulièrement conséquente. Or, les institutions de Wall Street sont très attentives à la réduction des coûts dans un contexte de génération de revenus plus aléatoire et de contraintes réglementaires croissantes, qui pèsent sur leur rentabilité.
Cela dit, promouvoir les talents demeure vital pour les grandes institutions financières, dont le principal capital est humain. Si le sommet de la pyramide reste difficilement accessible dans les banques de Wall Street, la motivation doit être entretenue dans les échelons inférieurs.
Car les salariés à haut potentiel des banques sont de plus en plus attirés par les acteurs de la finance alternative que sont les hedge funds et les fonds de capital-investissement, mais également les équipes –plus étoffées que par le passé– de fusions-acquisitions de grands corporates. Dans ces activités, la contrainte réglementaire est bien moindre, tant en terme d’activité que de rémunération.
C’est pourquoi les banques d’investissement sont contraintes de faire des efforts. Goldman Sachs a par exemple nommé 280 managing directors en 2013 contre 266 en 2012. Plus significatif, l’établissement envisagerait, tout comme JPMorgan et Bank of America, d’accroître les rémunérations des postes junior d’au moins 20% en 2015, selon la presse américaine.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Séjourner à la croisée des chemins en Corse
Des aiguilles de Bavella au Sud, au Cap Corse, à la pointe Nord de l’Ile de Beauté, voici cinq bons plans pour séjourner dans des hôtels d’exception qui vous invitent à parcourir les sentiers emblématiques ou confidentiels qui les entourent. -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle -
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement