Les banques américaines craignent l’ire des autorités au sujet de la dette LBO
Alors que la règle Volcker aux Etats-Unis empêche les banques d’exercer une activité d’investisseur en fonds propres, voici que celles-ci craignent d’être sanctionnées pour leur activité de prêts de LBO. Dans le cadre de l’exercice annuel du Share National Credit, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC, qui supervise les établissements américains d’envergure nationale), la FDIC (l’agence de garantie des dépôts) et la Fed scrutent les transactions arrangées entre octobre 2013 et mars dernier.
Or, des règles plus strictes concernant l’octroi de prêts LBO ont été mises en place en mars 2013. Toute dette supérieure à 20 millions de dollars répartie entre au moins trois institutions supervisées ne doit désormais plus excéder six fois l’Ebitda de la société acquise. L’ambiance aux Etats-Unis est devenue hostile au secteur bancaire: les autorités avaient fait savoir à l’occasion de la SNC précédente que les banques qui ne respecteraient pas les directives seraient punies.
Selon les statistiques compilées par Thomson Reuters Loan Princing, plus de 24 LBO ont dépassé la limite au cours de la période considérée. Depuis le mois d’avril, ils étaient 19. La tendance n’a fait que se renforcer ces dernières années. En 2013, selon S&P Capital IQ LCD, les transactions se situant en dehors des clous représentaient 27% des LBO, une proportion inédite depuis 2007 – année de l’éclatement de la bulle financière, où le ratio atteignait 52%.
Mais conformément à la culture juridique d’un pays anglo-saxon, l’interprétation tient une large part sa place. L’inconnue, pour les avocats et les banquiers, consiste à savoir si les superviseurs séviront contre une banque dès le premier LBO dépassant la limite autorisée dans leur bilan et, si ce n’est pas le cas, à connaître leur seuil de tolérance. Selon l’agrégateur de crédit de Thomson Reuters, presque toutes les grandes banques ont participé à au moins quatre LBO excédant le seuil fatidique. Bien peu de professionnels se risqueraient à jurer que la tolérance de l’OCC et de la Fed irait jusque-là.
La dernière édition du baromètre de Coller Capital montre que la préoccupation des superviseurs est désormais partagée par les investisseurs. Les deux tiers des professionnels interrogés estiment que la surabondance de dette fragilise des opérations sur des entreprises solides en raison d’un recours excessif au levier; ils étaient 20% un an plus tôt.
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