Les acquisitions géantes dans la pharmacie trouvent encore à se financer
Une marge de manœuvre financière plus réduite. C’est la conséquence des deux opérations majeures lancées la semaine dernière par Pfizer et Roche, qui font franchir un pas de plus dans le mouvement de concentration d’un secteur pharmaceutique en quête de relais de croissance. L’acquisition pour 68 milliards de dollars de son compatriote Wyeth par l’américain Pfizer, premier groupe pharmaceutique mondial, devrait être financée à parts égales par échange de titres, cash et dettes bancaires auprès d’un consortium de six établissements anglo-saxons. La transaction normalement finalisée au quatrième trimestre est soumise au maintien de l’engagement du syndicat bancaire «en cas de détérioration de la santé financière de l’acquéreur ou de sa notation crédit», avec des pénalités de rupture de 3% prévues ; une précaution bienvenue dans la mesure où Moody’s et Standard & Poor’s ont déjà placé la note de Pfizer sous surveillance négative.
Quant à Roche, après des discussions infructueuses depuis l’été dernier, il va lancer une offre hostile pour acquérir les 44% du groupe américain de biotechnologies Genentech qui lui échappait. Il compte débourser 42,5 milliards de dollars en utilisant «ses propres moyens financiers, des emprunts obligataires, des billets de trésorerie et de la dette bancaire». Disposant d’une trésorerie nette équivalent à 14,5 milliards de dollars fin 2008, Roche qui a dit n’avoir pas encore finalisé ses accords bancaires à cet effet pourrait s’endetter à hauteur de 30 milliards de dollars. Standard & Poor’s a dégradé de deux crans la note du groupe également mise sous surveillance négative par Moody’s. Eu égard aux récentes émissions de sociétés bien notées, le coût de la dette obligataire «serait vraisemblablement compris entre 5,5 et 6% pour une émission de cinq à sept ans» estime-t-on chez Louis Capital Markets.
La capacité d’endettement de Pfizer comme celle de Roche se trouvant amoindrie suite à ces opérations, toute nouvelle acquisition importante de leur part devra davantage recourir à un financement sur fonds propres. Compte tenu des velléités d’acquisitions manifestées par d’autres concurrents comme Sanofi qui serait intéressé par le fabricant de vaccins Crucell, le marché pourrait en outre craindre de futurs appels au marché dilutifs pour ce secteur.
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