Les acquisitions de grande taille peinent à créer de la valeur à long terme
Afin de mesurer le potentiel de création de valeur à long terme des opérations de fusions-acquisitions, le cabinet de conseil McKinsey a récemment analysé les stratégies ad hoc des 1.000 premières entreprises mondiales (hors secteur bancaire) sur la décennie écoulée. Il a constaté que «75% des sociétés restées dans le Top 500 entre 2000 et 2010 ont eu recours à des programmes de croissance externe bien définis, cette proportion atteignant 91% pour celles du Top 100».
Les performances boursières les plus décevantes (-1,7 point en moyenne par rapport à l’indice sectoriel de référence) se trouvent parmi les prédateurs ayant privilégié des opérations de grande taille, en payant un prix supérieur d’au moins 30% à leur capitalisation boursière. Si cette stratégie produit de meilleurs résultats dans les industries matures, elle apparaît contre-productive dans les secteurs à forte croissance comme la technologie. Hormis la valorisation élevée de leur cible, les sociétés technologiques «ont consacré beaucoup de temps à intégrer les activités acquises, passant à côté d’évolutions produits ou technologiques critiques».
Les sociétés qui affichent la plus forte surperformance (+2,8 points sur 11 ans) ont effectué «des transactions de taille peu importante mais dont le montant global a représenté au moins 19% de leur propre capitalisation boursière», note McKinsey. Ces acquéreurs «programmatiques» donnent la priorité à un ou deux segments de marché sur lesquels ils souhaitent renforcer leurs positions, à l’instar d’IBM dans le software ou de BASF qui a abandonné la chimie de base pour la chimie de spécialité. Les acquéreurs «tactiques» (surperformance de 1,3 point) réalisent aussi de nombreuses acquisitions mais celles-ci totalisent moins de 19% de leur valeur boursière. Cette politique a été mise en œuvre par Microsoft ou Caterpillar pour compléter leur portefeuille de produits.
C’est la politique de croissance purement organique qui aboutit à l’écart de performance le plus élevé entre les sociétés du premier et du dernier quartile, malgré une surperformance moyenne de 2 points sur la période. Cette surperformance est identique pour les sociétés qui consacrent annuellement moins de 2% de leur capitalisation boursière à la croissance externe («acquisitions sélectives»), mais ceci est alors davantage lié à l’évolution de leur activité sous-jacente qu’à leur stratégie d’acquisitions.
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