Les acquéreurs demandent de plus en plus de garanties de passif
Avec la crise, les acquéreurs se soucient beaucoup plus de la sécurisation de leurs opérations. Une prudence qui se traduit notamment par un retour au premier plan des garanties de passif. «La crise a inversé le rapport de force entre cédants et cessionnaires, a souligné Philippe Sarrailhé, associé chez White & Case lors d’une conférence organisée cette semaine. Les cessionnaires, plus rares et plus exigeants, imposent désormais des garanties détaillées et les banques subordonnent fréquemment leur accord à l’existence d’une garantie dont le bénéfice leur sera délégué à titre de sûreté».
Ces propos confirment une tendance déjà observée un peu plus tôt dans l’année par Didier Seigneur, directeur des risques financiers chez Chartis France. Il notait lui aussi une augmentation de ces protections, «même sur de petites transactions» (L’Agefi Hebdo du 1er avril).
«Outre le climat actuel, le recours accru aux garanties de passifs peut aussi s’expliquer par l’évolution des transactions, selon Philippe Sarrailhé. De plus en plus d’opérations sont orientées vers les pays émergents dans lesquels le risque potentiel de déconvenue est plus élevé». Naturellement, cela n’est pas sans conséquence sur les délais. Alors que Didier Seigneur notait au printemps derniers que les catalogues peuvent atteindre 30 à 40 pages contre 10 auparavant, Philippe Sarrailhé a précisé que «les acquéreurs préfèrent prendre plus de temps pour affiner leurs garanties. Ce qui peut se traduire par un allongement de 3 à 6 mois des délais entre l’entrée en discussion et la signature».
Passé ce constat, White & Case s’est aussi attaché à démontrer l’intérêt de ces garanties contractuelles, face à «l’insuffisance des garanties légales en France». Il a aussi insisté sur les précautions à prendre lors de la rédaction. A titre d’exemple, Frédéric Bouvet, associé du cabinet a précisé qu’«en cas de pluralité de garants, la question de la possible solidarité entre garants ne doit pas être oubliée». Le transfert de la garantie a aussi occupé une large partie des débats. «Dans le cas d’un financement, il semble plus logique de transférer à la banque la créance née de la garantie plutôt que la garantie elle-même», a ajouté Frédéric Bouvet.
Enfin, au moment où les contentieux tendent à s’accroître, Philippe Sarrailhé a souligné sa préférence pour l’arbitrage face au règlement judiciaire.
Plus d'articles du même thème
-
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux. -
Paris et Berlin demandent à l’Europe d’agir vite contre la concurrence déloyale
Les deux pays réclament l’activation en urgence des mesures de sauvegarde pour rétablir une concurrence normale, et espèrent entraîner d’autres pays de l’Union, afin de sauver des secteurs industriels en crise. Les derniers chiffres sont inquiétants. -
Paramount boucle sa méga-fusion avec Warner Bros
La fusion, officialisée mardi 6 octobre, donne naissance au géant hollywoodien Skydance. Celui-ci ploie sous une dette d'environ 80 milliards de dollars, et vise un objectif d'économies de 6 milliards de dollars.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
Contre-attaqueLes équipes de Gabriel Attal et Edouard Philippe étrillent le plan économique de Marine Le Pen
Une fois n'est pas coutume, les deux candidats de l'ex-macronie ont tenu à réagir immédiatement à la campagne de la leader du RN, accusée d'avoir présenté des mesures fausses et dispendieuses -
DivorceBlocus des lycéens : la droite cherche toujours le mode d'emploi
Bruno Retailleau se place sur le seul terrain sécuritaire, Edouard Philippe ironise sur les revendications des lycéens, Gabriel Attal se démarque en multipliant les échanges avec une jeunesse qui tourne le dos à la droite -
Loto du patrimoineLes héritages et donations de biens immobiliers arrivent trop tard, selon l'Insee
Une étude de l'Institut national de la statistique publiée mardi dévoile les âges moyens des Français qui héritent ou reçoivent de leur vivant. Repenser la fiscalité de la transmission paraît indispensable