L'élection de Donald Trump menace la trajectoire monétaire de la Fed
Si les marchés anticipent toujours à 80% une hausse des taux en décembre, ils veulent être fixés sur le maintien de Janet Yellen à la tête de la Fed.
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Patrick Aussannaire
Le mandat de Janet Yellen à la présidence de la Fed prend officiellement fin en février 2018.
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Photo Fed.
L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche risque de modifier la trajectoire monétaire de la Fed et de remettre en cause son indépendance. Les contrats Fed funds ont finalement peu ajusté à la baisse leurs anticipations de hausse du taux cible à la prochaine réunion du FOMC du 14 décembre à une probabilité de 80%, alors qu’elle était de 84% juste avant l’annonce officielle de la victoire du républicain hier matin. Le sondage mené par Citigroup avant les élections montrait cependant que 60% des investisseurs interrogés estimaient que l’autorité monétaire des Etats-Unis pourrait maintenir le statu quo sur ses taux en cas de victoire du candidat républicain, même si son élection «pourrait aggraver cette tendance».
«Il semble raisonnable de penser que la Fed mettra de côté la hausse de taux de décembre jusqu’à ce qu’elle dispose de plus d’informations sur l’économie, mais ce que les investisseurs attendront le plus est la confirmation que Janet Yellen ne démissionnera pas», estime Deutsche Bank. Le candidat Donald Trump s’est montré très critique durant sa campagne envers la présidente de la Fed et sa politique de taux bas. Si le mandat de Janet Yellen expire en février 2018, le Federal Reserve Act permet au président de remplacer le gouverneur de la Fed. Un tel pouvoir n’a cependant jamais été utilisé et une démission de Janet Yellen remettrait en cause l’indépendance de l’autorité, alors que deux membres de son Board devront être remplacés par l’exécutif au cours de l’année 2017.
Même si le Congrès devrait exercer un rôle modérateur avec un camp républicain qui reste soucieux du maintien de la discipline budgétaire, les économistes estiment en majorité que les baisses d’impôts et de dépenses prônées par Donald Trump, et sa position critique vis-à-vis des taux bas, devraient se traduire par une hausse des taux d’intérêt, de l’inflation et du déficit budgétaire. Un tel scénario, dans un contexte d’accélération de l’inflation et des revenus salariaux, pourrait conduire la Fed à accélérer le rythme de son resserrement monétaire. Le dollar a réagi à la baisse à l’élection de Donald Trump, ce qui tend à soutenir l’inflation. A contrario, «si la volatilité des marchés augmente et que son programme est appliqué, la Fed devrait maintenir le statu quo à court terme», estime ABN Amro.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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