L'économie chinoise continue de ralentir
Le produit intérieur brut (PIB) chinois a progressé en rythme annuel de 4,9% sur la période juillet-septembre (+5,2% attendu par le consensus des économistes), d’après les données officielles communiquées lundi, soit un plus bas depuis le troisième trimestre 2020, après une hausse de 7,9% sur un an au deuxième trimestre. Cela confirme la décélération de la deuxième puissance économique mondiale, qui avait affiché une croissance de 18,3% au premier trimestre - un pourcentage élevé découlant d’un effet de base très favorable.
En rythme trimestriel, l'économie chinoise a progressé de 0,2% sur la période juillet-septembre, contre +1,2% en lecture définitive en avril-juin.
Les places boursières débutent la semaine dans le rouge, réagissant à la confirmation du ralentissement chinois. En Asie, les actions chinoises reculent de 1,2% (indice CSI 300). En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 perd 0,7% vers 11h. A Paris, l’indice CAC 40 abandonne 0,8%, les valeurs du luxe, qui sont particulièrement sensibles à la conjoncture chinoise, faisant partie des plus fortes baisses.
Effet Evergrande
Si l'économie chinoise a réussi à se relever solidement de la crise sanitaire du coronavirus, son rebond s’est affaibli alors que l’activité industrielle a ralenti, la consommation est restée faible et le secteur de l’immobilier a décliné avec la mise en place de nouvelles réglementations.
La production industrielle a déçu en septembre, avec une hausse sur un an de 3,1%, contre 5,3% le mois précédent, alors que le consensus ressortait à +4,5%. Il s’agit de la plus faible progression de la production industrielle depuis mars 2020.
La consommation a toutefois affiché le mois dernier des signes d’amélioration, les ventes au détail s'étant accélérées, avec une hausse de 4,4% contre 2,5% en août (+3,3% attendu).
Ajoutant aux inquiétudes, les déboires financiers du promoteur China Evergrande font planer la menace d’une crise du secteur immobilier dans le pays mais aussi d’un impact plus large, sur l'économie tout entière. Un responsable de la Banque populaire de Chine (BPC) a jugé vendredi que les répercussions des difficultés financières d’Evergrande sur le système bancaire chinois étaient maîtrisables.
Les économistes attendent désormais une réaction, notamment des autorités monétaires. Le Premier ministre Li Keqiang a déclaré jeudi que la Chine disposait de suffisamment d’outils pour faire face aux défis économiques malgré le ralentissement de la croissance, ajoutant que le gouvernement était confiant dans la réalisation des objectifs de développement pour 2021.
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