L’économie américaine s’est contractée de manière inattendue au premier trimestre, en raison notamment de la résurgence de la pandémie de covid-19 et du déséquilibre des échanges commerciaux, montre jeudi la première estimation officielle du département du Commerce.
Le PIB des Etats-Unis a reculé de -1,4% en rythme annualisé sur la période janvier-mars, après une croissance de +6,9% sur les trois derniers mois de 2021, et des anticipations qui se retrouvaient en moyenne plutôt autour de +1% malgré d’importantes divergences (-1,4% à +2,6%).
Il s’agit de la première contraction de la première économie mondiale depuis la récession due à la pandémie il y a deux ans.
Balance commerciale
Le ralentissement de l’économie américaine s’explique principalement par un déficit plus important de la balance commerciale, qui représente une contribution négative de 3,2 points de pourcentage à la variation du PIB, et par le ralentissement de la constitution des stocks des entreprises. L’investissement dans les stocks a réduit la croissance de 0,84 point de pourcentage.
Malgré la vague de cas de covid-19 cet hiver, les dépenses de consommation ont augmenté de 2,7% en rythme annualisé au premier trimestre après +2,5% au quatrième trimestre. La flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant ne semble pas avoir de conséquence sur le comportement des consommateurs, qui bénéficient de fortes augmentations de salaires dans un contexte de resserrement du marché du travail et d’une épargne excédentaire accumulée pendant la pandémie.
La Réserve fédérale (Fed), qui réunit son comité de politique monétaire mercredi, pourrait relever ses taux d’intérêt de 50 points de base, comme l’a suggéré son président Jerome Powell après une première hausse de 25 pb en mars pour lutter contre l’inflation record.
«L’économie montre encore une certaine solidité mais la contraction du PIB signale le début d’une croissance plus modérée cette année et en 2023, en grande partie en réponse à la hausse des taux d’intérêt, a déclaré à Reuters Sal Guatieri, économiste chez BMO Capital Markets. La Fed n’a guère d’autre choix que d’opérer une hausse de taux agressive en mai pour canaliser l’inflation.»
Le département du Commerce a parallèlement annoncé une hausse de 5,2% de l’indice des prix de base dit «core PCE» en rythme annuel sur janvier-mars, alors que le consensus le donnait à 5,4% après 5,0%.
Le dollar, qui avait touché un nouveau plus haut de 104 pour l’indice DXY face à un panier de devises jeudi matin, a calé après cette annonce en rebaissant à 103,5.
Au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase, la politique monétaire est devenue plus efficace au fur et à mesure que les banques centrales consolidaient leur indépendance. Un constat dressé par le FMI qui propose aussi quelques pistes de renforcement.
L’inflation HICP a augmenté de 3% à 3,2% sur un an en mai, à cause d’effets de base liés aux prix de l’énergie, mais sans pratiquement bouger sur un mois. Sur la période, les prix de l’énergie ont même reculé de 1,1%.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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