L’économie allemande échappe de peu à la stagnation
L’économie allemande a enregistré une légère croissance au deuxième trimestre, à +0,1% en rythme trimestriel et +1,7% en rythme annuel corrigé des variations saisonnières (CVS) selon Destatis. Cette performance du PIB meilleure qu’attendu par les économistes qui tablaient plutôt sur une stagnation (0%) tient au soutien de la consommation des ménages et de la dépense publique, mais ne dissipe pas vraiment les craintes de récession outre-Rhin.
Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,8% d’un trimestre sur l’autre en dépit de l’inflation élevée et de la crise de l’énergie, précise l’institut statistique, et surtout la dépense publique de 2,3%.
«Les facteurs négatifs sont actuellement si importants que même une aggravation de la crise ne peut pas être exclue», a déclaré à Reuters Thomas Gitzel, chef économiste de VP Bank. Il faudrait beaucoup d’éléments positifs pour éviter une récession. «Peut-être un rebond temporaire des exportations, qui semble toujours possible malgré des perspectives mondiales considérablement dégradées», note l’économiste Stefan Schilbe chez HSBC, craignant par ailleurs une baisse de l’investissement.
L’indice IFO à son plus bas
Confirmant ce pronostic, l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne, également publié jeudi, est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2020, à 88,5 en août après 88,7 en juillet, même si ce repli est moins marqué qu’anticipé (le consensus attendait 86,8). «L’incertitude reste forte dans les entreprises et l’économie allemande dans son ensemble devrait se contracter au troisième trimestre», a déclaré le président de l’institut d’études économiques, Clemens Fuest. Et il n’est pas certain que, comme les indices PMI, ces enquêtes intègrent pleinement l’aggravation de la crise énergétique.
Les entreprises et les ménages souffrent de la crise du gaz, et les consommateurs semblent désormais avoir dépensé l’épargne constituée pendant la crise du coronavirus selon Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank, qui s’attend à un second semestre 2022 et un premier trimestre 2023 «plus récessionnistes que jamais». Alors que la flambée des prix de l’énergie touche davantage la plus grande économie de la zone euro que les autres, la Bundesbank a déclaré cette semaine que la production stagnerait plus ou moins au troisième trimestre, tandis que le risque d’une contraction au quatrième trimestre 2022 et au premier trimestre 2023 a augmenté «considérablement», sur fond d’inflation qui pourrait atteindre environ 10% en fin d’année.
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