La compagnie nationale pétrolière PDVSA est parvenue de haute lutte à refinancer une partie de sa dette obligataire.
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Antoine Landrot
Le Venezuela réforme son régime de changes pour gagner du temps
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Touchée de plein fouet par la chute du pétrole, la compagnie nationale vénézuélienne Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) a trouvé un accord avec ses créanciers. Les détenteurs d’obligations seniors ont accepté d'échanger 2,8 milliards de dollars de dette de maturité 2017, soit 39,4% du montant des deux souches à échéance 2017 (7,1 milliards de dollars), contre des titres à échéance 2020 d’une valeur nominale de 3,36 milliards. Les deux tranches concernées par l’échange (avril et novembre 2017) offraient des rémunérations de 5,25% et 8,50%. L’opération a été conclue vendredi et l’échange sera effectué le 27 octobre, a précisé l’entreprise hier.
Les nouveaux titres sont garantis par 50,1% des actions de Citgo Holdings, filiale de PDVSA qui contrôle la société de raffinage Citgo Petroleum, basée aux Etats-Unis. En juillet 2014, la compagnie avait indiqué vouloir vendre cette filiale, avant de faire judicieusement machine arrière en octobre de la même année. Une cession risquait précisément d’affaiblir les créanciers de PDVSA en retirant un actif pouvant être saisi aux Etats-Unis dans l'éventualité d’un défaut.
Les négociations n’ont pas été un long fleuve tranquille. PDVSA a dû repousser par trois fois la date butoir des négociations, améliorer son offre et réduire le montant de la part des obligations sujettes au refinancement. A l’origine, PDVSA avait fixé à 50% le seuil de participation. La société a précisé hier que le montant échangé représente 52,5% du montant des titres effectivement proposés à l'échange, fixé à 5,32 milliards.
L’opération doit permettre à la société, ainsi qu’à l’Etat, d’éviter autant que possible un défaut l’année prochaine. Elle allège d’environ deux milliards de dollars la dette que le gouvernement doit rembourser d’ici à la fin de l’année 2017, à 13 milliards. L’allègement pour PDVSA est estimé à 1,8 milliard de dollars entre novembre 2016 et novembre 2017.La restructuration permettra en conséquence de stabiliser la production, avait déclaré le président de PDVSA Eulogio del Pino la semaine dernière. Les obligations souveraines du pays, fortement corrélées à celles de la compagnie pétrolière, affichaient depuis début 2016 un rendement de 46% à la date de vendredi, soit la meilleure performance des pays émergeants.
Les obligations de l’entreprise comme de l’Etat ont bondi à l’annonce de l’accord. Les obligations de PDVSA dues en avril 2017 se sont ainsi appréciées de 3,250 points pour un prix à l’achat de 79,500 ; les titres dus en novembre 2017 ont progressé de 1,375 point à 82,626.
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