Le Venezuela se tourne vers l’extérieur pour tenter d'échapper à un défaut
Le président Nicolas Maduro a évoqué de nouveaux investissements de la part de la Chine et du Qatar pour faire face aux échéances du pays.
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Patrick Aussannaire
Le Venezuela est engagé dans une course contre le défaut. Lors d’un voyage en quête de deniers, le président Nicolas Maduro a évoqué ces derniers jours 20 milliards de dollars de nouveaux investissements chinois, en plus des 45 milliards déjà investis depuis dix ans, et une possible contribution de plusieurs milliards de la part d’investisseurs qataris. «Pour obtenir ces nouvelles ressources, le Venezuela devra faire d’importantes concessions à la Chine (probablement en termes d’accès à ses réserves pétrolières), et la Chine devrait imposer des conditions comprenant notamment des mesures pour résoudre les déséquilibres économiques et assurer le remboursement de sa nouvelle dette», alerte néanmoins Barclays.
Or, la chute des prix du pétrole, dont dépendent 95% des exportations du pays, devrait entrainer une contraction de son PIB de 6,5% cette année, après celle de 3% déjà encaissé en 2014. Moody’s estime en outre qu’il devrait enregistrer son premier déficit courant depuis 1998 à hauteur de 2% de son PIB, après un excédent de 2% l’an dernier, le prix du panier des actifs pétroliers vénézuéliens ayant chuté de 88,4 dollars en moyenne sur l’année 2014 à 54,03 dollars le mois dernier.
Moody’s a dégradé la note du pays à «Caa3», alors que les marchés lui attribuent désormais une probabilité de défaut de 56% dans les six prochains mois et à 97% à cinq ans. Si l’agence estime que le pays devrait honorer sa prochaine échéance d’un milliard d’euros d’obligations en mars, «compte tenu de l’écart béant entre les flux entrants et sortants, la probabilité d’un défaut sur sa dette à horizon un à deux ans a de nouveau progressé en partant d’un niveau déjà très élevé». En octobre et novembre, le pays et sa compagnie pétrolière PDVSA devront rembourser 5,1 milliards de dollars supplémentaires. Or, sur les 21,5 milliards de réserves du pays, seulement 6,8 milliards sont mobilisables.
Dans ce contexte, «le pays n’est capable d’assurer le remboursement de ses obligations internationales que jusqu’en janvier 2016, mais un défaut pourrait intervenir avant si la rigidité idéologique des autorités persiste», estime Natixis. Le prix des obligations en dollars d’échéance 2027 a chuté de 50 cents à 37,27 cents en six mois, avec une envolée du rendement à 25%.
Le bolivar traite quant à lui à 180 contre dollar sur le marché noir, contre une parité de 50 sur le SICAD 2, 12 sur le SICAD 1, et un taux officiel de 6,3.
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