Le Trésor américain force le défaut de la Russie
La pression s’accroit sur la Russie dont la probabilité d’un défaut a augmenté d’un cran. Le Trésor américain a décidé mardi d’interrompre les paiements sur de la dette en dollars en provenance des comptes du gouvernement russe via des banques américaines.
Cette décision, qui fait suite aux dernières accusations de crime de guerre en Ukraine, intervient alors que Moscou a pour l’instant réussi à honorer les paiements des coupons qui étaient dus en mars. Selon Bloomberg, la Russie a pu racheter vendredi 72% de l’encours de l’obligation de 2 milliards de dollars arrivant à échéance lundi. Cela constituait un véritable test, suite à l’offre lancée la semaine passée pour ce remboursement en roubles auprès d’investisseurs qui croient encore au potentiel de cette devise. Mais l’interdiction du Trésor américain devrait empêcher le remboursement du solde (en dollars) aux autres obligataires. Par ailleurs, le paiement du coupon de 84 millions de dollars sur une obligation 2042 n’avait pas encore été perçu mardi par ses détenteurs, faute de l’autorisation du Trésor pour être traité par la banque correspondante JPMorgan, selon Reuters.
L’interdiction du Trésor américain contredit l’exemption accordée par l’Office of Foreign Assets Control (Ofac) au gouvernement russe d’effectuer des paiements en dollars pour ne pas pénaliser les investisseurs. Cette décision prend également à contrepied le Trésor britannique qui, au contraire, a publié vendredi un avis d’exemption à son régime de sanctions lié à la Russie pour permettre la fourniture de services financiers visant au transfert des paiements sur la dette souveraine russe (émise avant le 1er mars avec une entrée en vigueur le 1er avril et une expiration le 30 juin).
Complications
La nouvelle sanction américaine augmentera considérablement les problèmes techniques liés au règlement. L’annonce américaine vise à forcer la Russie soit à puiser dans ses réserves intérieures en dollars, soit à utiliser davantage (que pour l’effort de guerre) les ressources énergétiques pour effectuer des paiements d’obligations, soit à faire défaut, selon un porte-parole de l’Ofac cité par Bloomberg.
Les obligations russes en dollars, qui s’échangeaient déjà en territoire «distressed», ont à nouveau chuté mardi. L’obligation 2042 a dévissé de 7 points, autour de 27% du pair (revenue à 47% mi-mars). La probabilité d’un défaut de paiement a bondi à près de 90%, selon le prix des credit default swaps (CDS) à cinq ans.
Plus d'articles du même thème
-
BlackRock perd un mandat géré pour le fonds de pension de l’Eglise d’Angleterre
La délégation de gestion concernait un portefeuille d’obligations du gouvernement britannique. -
Le haut rendement européen est pris par le vertige de l’IA
Le spécialiste américain des centres de données CoreWeave a réalisé la première émission high yield liée à l’IA. La plus importante sur le marché haut rendement en euros. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
« L’État ne financera plus l’immobilisme » : le grand plan IA de Sébastien Lecornu pour les administrations françaises
Le Premier ministre souhaite généraliser l’usage de l’intelligence artificielle dans les services publics pour simplifier les démarches des Français et augmenter l'efficacité des agents. -
Juste une illusion
Avec ses assiettes trompe-l’œil, Dior Maison rend hommage à cette technique du XVIIIe siècle, chère à Jonathan Anderson, le directeur artistique de la Maison. -
#DigitalCitizenAnthropic dans les cordes, l’Europe au tapis
Potentiellement privée des meilleurs modèles d’Intelligence artificielle, l’Europe se retrouve face à une rupture de compétitivité supplémentaire, et majeure