Le style «value», une approche pertinente sur le crédit mondial
Tout comme sur les actions, une stratégie «value» sur le crédit ou la dette souveraine consiste à acheter des titres présentant une divergence forte entre les fondamentaux et la valorisation, en utilisant par exemple le ratio cours/bénéfices sur les actions et le spread ajusté de l’option pour les obligations, afin de bénéficier d’une marge de sécurité et d’un potentiel de retour à une plus juste valeur.
Bien que peu exploitée sur le marché obligataire, cette approche permet de tirer parti d’écartements de spreads excessifs sur certains titres du fait d’un sentiment de marché globalement pessimiste. Par exemple, les obligations d’entreprises russes au moment des sanctions imposées par l’Europe contre la Russie, les sociétés financières post-2008, les obligations des pays de la périphérie européenne après la crise de la dette, ou plus récemment les entreprises du secteur de l’énergie du fait de la baisse du prix du pétrole, ou enfin le marché mexicain suite à l’élection de Donald Trump.
L’horizon d’investissement dans ce type de stratégie est plus long que sur les approches traditionnelles «benchmarkées», mais peut offrir un potentiel de gain largement supérieur. Sur des entreprises dont le spread s’est fortement écarté pour atteindre 600 à 800 points de base du fait d’un sentiment très négatif, mais pour lesquelles une analyse approfondie conclut à des fondamentaux solides, il est possible d’anticiper un resserrement de spread à 200-300 pb et donc un potentiel de performance élevé.
Selon nous, pour les investisseurs à long terme à la recherche de performances totales élevées et de diversification sur les marchés du crédit, l’approche value peut être pertinente afin de maximiser le potentiel de performance, mais également de minimiser le risque de perte en capital en restant à l’écart de segments surévalués du marché. Le style value offre aussi un bon potentiel de diversification car il présente une corrélation généralement limitée avec les autres stratégies benchmarkées ou à performance absolue / performance totale, qui utilisent des thèmes macroéconomiques et l’allocation d’actifs comme sources de performance.
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