Le secteur des courtiers interbancaires est en perte de vitesse
L’environnement réglementaire et de marché continue à peser sur les courtiers interbancaires. Après Icap, c’est au tour de Tullett Prebon, l’un des poids lourds du secteur, de connaître un début d’année 2014 difficile. Les revenus du groupe britannique ont reculé de 15% (à taux de change constants) sur un an au titre du premier semestre clos le 29 juillet pour atteindre 360,3 millions de livres (455 millions d’euros).
Dans un communiqué de presse publié hier, le groupe a annoncé la suppression de près de 10% de ses effectifs, soit 160 emplois en front et 50 en back-office, à la suite de ces mauvais résultats.
Le courtier londonien continue à être affecté par une combinaison de facteurs à la fois structurels et cycliques. L'évolution du cadre réglementaire qui détourne sa clientèle phare, les banques d’investissement, des activités de trading les plus risquées et des transactions de gré à gré en est une illustration. L’autre catalyseur de ce déclin est relatif aux très faibles volumes des transactions interbancaires, dû en partie à l’absence de volatilité sur les taux et les changes. En outre, en raison d’une charge exceptionnelle de 34,3 millions de livres liée à des actions en justice, le bénéfice du groupe avant impôt a chuté de 30% par rapport à 2013.
«Nous avons pour objectif d’atténuer les conditions difficiles du marchés en accroissant la flexibilité de notre modèle opérationnel et en dégageant des économies de coût», a expliqué Terry Smith, le PDG du groupe. D’après les prévisions de Tullett, 35 millions de livres d’économies sur l’exercice en cours devraient être engendrées par le biais de cette stratégie.
Ces mutations doivent s’accompagner d’un repositionnement stratégique dans le courtage électronique et le post-marché, a souligné Terry Smith. Signe de l'évolution du modèle et des besoins des clients dans un nouvel environnement réglementaire, les services post-trade dans le secteur du courtage ont connu une croissance exponentielle depuis plus d’un an.
Ces annonces ont permis à l’action Tullett Prebon de gagner hier jusqu'à 6% en séance, avant de clôturer en hausse de 0,42% à 240 pence. Mais sa baisse atteint 36% depuis le 1er janvier.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose