Le secteur de l’énergie soutient la reprise des fusions-acquisitions
Avec en point d’orgue la transaction réalisée par International Power (IP) et GDF Suez pour 25 milliards de dollars cet été, le secteur de l’énergie a été en pointe dans les fusions-acquisitions. Au sein d’un marché qui a progressé de 21% sur le trimestre (1.678 milliards de dollars), le segment de l’énergie et des utilities a vu ses volumes bondir de 65% à 349 milliards de dollars, selon Thomson Reuters. Cela en fait l’industrie la plus en vue sur la période avec plus de 20% des transactions réalisées dans le monde, contre 15% un an plus tôt.
Bien qu’ayant bénéficié de l’offensive de BHP Billiton sur Potash Corp, les matières premières n’arrivent quant à elle qu’en troisième position (13% du marché), derrière la finance (15%).
A eux deux, les «deals» GDF Suez-IP et BHP Billiton-Potash Corp sont aussi caractéristiques d’une autre tendance du trimestre: la progression spectaculaire des opérations à l’international. En hausse de 33% sur le trimestre précédent, elles se sont chiffrées à 288 milliards de dollars au troisième trimestre. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis deux ans. En part de marché, il faut même remonter encore plus loin pour trouver des scores comparables. En progression quasi-constante depuis les 22% touchés mi-2009, la proportion d’opérations transfrontalières a grimpé à 48% sur le dernier trimestre. Depuis trois ans, seul le dernier trimestre de 2007 était parvenu à faire aussi bien.
Raid hostile sur Potash Corp oblige, le Canada est devenu le troisième pays le plus visé par les acquisitions. Mais le duo de tête reste composé des Etats-Unis et du Royaume-Uni (35% des volumes). Les deux pays occupent également la tête du palmarès des acquéreurs, mais avec 26% des volumes. Ce qui suggère que les flux entrants y ont été plus élevés que les flux sortants.
Pour sa part, la France ne fait pas partie du Top 10 des pays les plus ciblés par les acquisitions. En revanche, l’Hexagone se classe au cinquième rang des pays les plus offensifs, juste devant la Chine, avec 6% des volumes (38 milliards de dollars).
Si GDF Suez n’est pas intégré dans les deals français (s’agissant concrètement d’un rachat par IP de ses actifs britanniques), ce score s’explique avant tout par l’offensive de Sanofi-Aventis sur Genzyme pour plus de 19 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon