Le Royaume-Uni reste déterminé à quitter l’Union européenne fin octobre
Qualifié outre-Manche de « super saturday », ce 19 septembre devait marquer un tournant. Il n’en fut rien : le vote de la Chambre des Communes sur l’accord de retrait révisé et négocié par Londres avec Bruxelles n’a finalement jamais eu lieu. L’amendement Letwin est venu jouer les trouble-fête. Adopté par 322 voix contre 306, cet amendement, du nom du député conservateur rebelle Oliver Letwin, reporte tout vote sur le Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’a pas été votée au Parlement.
En dépit de protestations répétées, le Premier ministre britannique n’a eu d’autre choix que de se conformer au Benn Act et de demander un report de l’article 50 dans un courrier envoyé à la Présidence du Conseil européen. Non sans avoir brouillé les pistes. Boris Johnson s’est fendu de trois lettres : la première, non signée, demande une prolongation de trois mois. La deuxième, signée de son nom et s’adressant au président du Conseil européen de façon amicale - «Cher Donald » (ndlr : Donald Tusk, président du conseil européen) - signale, à l’inverse, qu’il ne veut pas de ce délai dont il juge l’impact «corrosif». Enfin, la troisième, signée de l’ambassadeur britannique auprès de l’UE, Tim Barrow, précise que le report n’a été demandé que pour se conformer au Benn Act.
En dépit de ce nouveau revers, le gouvernement britannique continuait à afficher hier sa détermination à sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre prochain. Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Dominic Raab, affirmait que le gouvernement disposait désormais de la majorité nécessaire à l’approbation de l’accord de retrait, soit 320 voix au minimum, et suggérait que l’UE était de plus en plus mal à l’aise avec l’idée d’un report. Même son de cloche de la part du Chancelier du duché de Lancaster, Michael Gove, qui réaffirmait sur Sky News que le gouvernement «disposait des moyens et de la capacité» à sortir au 31 octobre. Le gouvernement devrait d’ailleurs soumettre dès aujourd’hui un nouveau vote de principe sur l’accord négocié à Bruxelles. Il doit pour cela obtenir l’aval du speaker de la Chambre des Communes, John Bercow. Si ce vote lui est refusé, il pourrait recourir dès demain mardi, à un vote sur le texte législatif transposant l’accord dans le droit britannique.
Dans l’intervalle, Donald Tusk indiquait dès samedi soir qu’il allait commencer à consulter les dirigeants de l’UE sur la manière de réagir. Les consultations pourraient prendre quelques jours.
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