Le rebond de l’inflation lève une partie des inquiétudes de la Fed
L’autorité américaine devrait observer le statu quo mercredi, mais annoncer le lancement de son processus de réduction de la taille de son bilan.
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Patrick Aussannaire
La Réserve fédérale à Washington
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Bloomberg
Les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed pourront aborder leur réunion, qui se tient demain et mercredi, avec moins d’inquiétudes sur le niveau d’inflation. Les chiffres publiés la semaine dernière montrent que l’indice sous-jacent a progressé de 0,25% au mois d’août, soit sa plus forte hausse mensuelle depuis janvier, ce qui a permis au taux d’inflation sous-jacent annuel de rester stable à 1,7%. L’inflation globale est quant à elle remontée à un niveau de 1,9% conforme à l’objectif de la Fed et pourrait atteindre 2,1% cette année et 2,4% en 2018, selon Natixis. «C’est exactement le genre de chiffres que les membres de la Fed espéraient pour lever en partie leurs craintes liées à la faiblesse enregistrée par l’inflation américaine au cours des cinq derniers mois», estime SG CIB.
«Dans ce contexte de hausse toujours aussi robuste de l’emploi (la forte augmentation des demandes d’allocations chômage étant un effet transitoire des tempêtes tropicales) et d’accélération de l’inflation américaine, il semble évident que la Fed annoncera mercredi un début de normalisation de son bilan pour le mois prochain, selon un schéma déjà communiqué», indique Natixis. Si le consensus table sur un nouveau statu quo du FOMC à l’issue de sa réunion de mercredi, le rebond de l’inflation a remis à l’ordre du jour une hausse des taux de 25 pb le 13 décembre, avec une probabilité anticipée par les marchés Fed funds qui est remontée d’un niveau de 20% à 47% au cours de la semaine dernière. La forte baisse du dollar depuis le début de l’année devrait en outre soutenir l’accélération de l’inflation.
Si les rendements se sont tendus sur la partie longue pour repasser au-dessus de 2,2% sur le 10 ans, les chiffres d’inflation meilleurs que prévu n’ont eu aucun effet sur le cours du dollar, qui est resté proche de ses plus bas niveaux depuis le mois de novembre dernier, avant l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. «Il est possible que l’effet soit décalé dans le temps, mais cette réaction devrait être telle que les positions ne devraient pas freiner le mouvement de dépréciation du dollar jusqu’à ce que les facteurs qui ont contribué à sa vulnérabilité soient levés. Or, la plupart des composantes sous-jacentes de l’inflation restent atones et ne devraient pas modifier la trajectoire de la Fed, surtout compte tenu de l’incertitude liée à l’impact des ouragans sur l’activité américaine», explique Citigroup.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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