Le rapport de stabilité financière de la BCE pointe les risques de contagion
La Banque centrale européenne a averti hier au sein de son rapport semestriel de stabilité financière que les risques pesant dans ce cadre sur la zone euro avaient considérablement augmenté au second semestre, alimentés principalement par les craintes de contagion de la crise de la dette et par des tensions sur le marché interbancaire.
La BCE estime que dans le pire des cas le monde pourrait retomber en récession, affaiblissant davantage des banques déjà fragiles. «La crise du risque souverain et son interaction avec le secteur bancaire a empiré dans le contexte de perspectives de croissance macroéconomiques affaiblies», avance le rapport. Ce dernier précise qu’«au final, la transmission des tensions entre souverains, entre les banques et entre ces deux derniers s’est intensifiée pour prendre les proportions d’une crise systémique sans précédent depuis la faillite de Lehman Brothers il y a trois ans».
La BCE identifie quatre risques majeurs, à savoir celui d’une intensification de la contagion ainsi que les tensions de financement sur les marchés, une hausse du risque crédit pour les banques combinée au ralentissement économique et enfin un dénouement brutal des déséquilibres mondiaux.
L’institution européenne souligne que le risque de voir deux grandes banques faire défaut dans l’année à venir s’est accru à son plus haut niveau depuis que ce risque a commencé à être mesuré il y a quatre ans.
La BCE critique par ailleurs la réponse politique trop lente à la crise, estimant qu’elle n’a fait qu’empirer les choses en permettant à la contagion d’atteindre l’Italie et l’Espagne, les troisième et quatrième économies de la zone euro. «La possibilité que d’autres Etats souverains de la zone euro soient, par conséquent, confrontés à des difficultés de refinancement de leur dette reste l’un des risques les plus pressants pesant sur la stabilité financière de la zone euro», note la BCE.
Cette dernière prévient qu’à présent certaines banques de la zone euro sont devenues dépendantes de ses financements et elle appelle les autorités bancaires à lutter elles aussi contre le risque d’une crise du crédit. Les régulateurs nationaux doivent notamment s’assurer que les plans de recapitalisation des banques n’entraînent pas un tarissement du crédit dans l'économie réelle.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer. -
Le piratage d'Arkéa relance le débat sur la supervision européenne des plateformes crypto
Plus de 100 millions d'euros ont été dérobés au Crédit Mutuel Arkéa. Les pirates se sont ensuite servis de plateformes crypto agréées MiCA pour faire disparaître l'argent. -
Franklin Templeton collecte 15 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Les encours sous gestion sont restés stables.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain