Le rachat de Nyse par ICE rouvre le jeu autour d’Euronext
Retour au début des années 2000. Le rachat de Nyse Euronext par ICE ouvre la voie à une entrée en Bourse fin 2014 des marchés d’actions du groupe en Europe continentale, ce qui ramènerait à la situation d’Euronext avant son acquisition en 2007 par le New York Stock Exchange. L’IPO de l’activité est prévue un an après le bouclage de la fusion, attendu au deuxième semestre 2013.
«Une entrée en Bourse a notre préférence, et notre intention est de le faire en cédant la totalité de notre participation dans Euronext», précisait hier David Peniket, le patron d’ICE Futures Europe, qui se refuse pour l’instant à valoriser cette activité ou à en détailler la gouvernance. Motivée par le rachat de Nyse Liffe à Londres, la Bourse de dérivés américaine ne porte en effet aucun intérêt au cash actions en Europe, dont les volumes plongent.
«Autant le marché des dérivés est mondial, autant sur les equities et les obligations, on observe une régionalisation des structures de marché», justifie Dominique Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext. Après la restructuration entreprise ces dernières années, «Euronext est rentable», plaide le dirigeant français. Outre les activités de listing et de cash actions à Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, le périmètre comprendrait les dérivés en Europe continentale et les infrastructures nécessaires au développement de l’activité (données de marché, technologie).
L’IPO d’Euronext reste à confirmer, si «les décideurs européens y sont favorables», selon le communiqué des deux groupes. «Il faut redonner son indépendance à Euronext qui a, dans mon esprit, pour vocation de consolider les Bourses continentales non germaniques, indique à L’Agefi le banquier d’affaires Jean-Marc Forneri, administrateur d’ICE. Il est probable que le marché européen va se structurer autour du LSE, de Deutsche Börse et sa structure en silo, et d’Euronext. Encore faut-il qu’il y ait un noyau stable européen, composé de grands groupes financiers français et européens, banquiers et assureurs, qui acceptent de structurer le capital.»
Le sort de LCH.Clearnet devra aussi être précisé. La compensation est avec les dérivés le deuxième moteur de la transaction ICE/Nyse, et ICE Clear reprendra à LCH le post-marché de Liffe. En Europe continentale, il est pour l’instant prévu que Clearnet SA continue à compenser le cash actions; sur les dérivés, «nous évaluons les alternatives», indique David Peniket.
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