Le prix du baril rebondit sans conviction
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) s’est apprécié de 30% en deux semaines pour atteindre 34,40 dollars en clôture du 1er mars, ce qui a poussé Neil Atkinson, en charge de la division marchés pétroliers à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), à déclarer hier à Oslo : «Les prix du pétrole ont touché le fond». Sa prédiction pourrait toutefois se révéler tout aussi optimiste que lorsqu’il l’avait faite en octobre dernier, alors que le baril de pétrole s’échangeait autour de 45 dollars.
Si les motifs d’optimisme existent, ils apparaissent néanmoins surévalués. La production américaine de gaz de schiste continue à décliner, et a connu sa première baisse annuelle en décembre, d’après l’Agence d’information sur l’énergie américaine (EIA). Les Etats-Unis ont produit 166.000 barils de moins en décembre 2015 par rapport à 2014, un recul inédit depuis septembre 2011. L’EIA prévoit une baisse de 11% de la production de pétrole de schiste sur l’année 2016.
Les estimations de Bloomberg concernant la production de l’Opep indiquent d’autre part une baisse en février, après avoir atteint un record historique en janvier. La hausse de la production iranienne a été contrebalancée par des baisses en Irak et au Nigeria, où la production est particulièrement volatile du fait de l’instabilité politique.
Le rebond des prix du pétrole a également été porté par les plans de soutien à l’économie annoncés en Chine, deuxième consommateur mondial. Inversement, un ralentissement plus prononcé de l’économie chinoise serait un frein à la croissance de la demande mondiale, pourtant nécessaire afin d’éliminer un surplus de production estimé à plus d’un million de barils par jour cette année par l’AIE.
Même en cas de baisse substantielle de la production ou d’une reprise inattendue de la demande, plusieurs tampons empêcheraient tout rebond important. Les stocks commerciaux de pétrole, en premier lieu, sont à leur plus haut historique et en croissance, et devraient tempérer toute hausse. Le nombre de puits creusés mais non fracturés continue également d’augmenter aux Etats-Unis. John Christmann, PDG de la compagnie spécialisée dans le pétrole de schiste Apache, explique ainsi «préférer laisser ces barils dans le sol» en attendant le rebond. Cette menace «place un plafond sur les prix», explique John Kilduff d’Again Capital. Reste à déterminer au bout de combien de temps et à partir de quel prix les producteurs américains pourront relancer leurs investissements.
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