Les vendeurs espèrent retirer un milliard d’euros de la vente du réseau de laboratoires de diagnostic et d’analyses médicaux
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Antoine Landrot
Le processus de cession de Labco, réseau de laboratoires de diagnostic médical, s’est timidement ranimé au début de l’année. La banque Rothschild est mandatée depuis plusieurs mois pour trouver des remplaçants aux actionnaires financiers actuels de la société française. Ces derniers détiennent 42% du capital: 3i est l’actionnaire dominant avec environ 20%, aux côtés de TCR Capital Partners, Nixen Partners et CIC Finance. Les fondateurs, dirigeants et professionnels (biologistes, médecins), ainsi que leurs ayants droit en détiennent près de 40%.
Plusieurs candidats avaient approché la société en juin 2012, dont Blackstone. Ce premier processus avait été suspendu peu après, en raison d’un climat défavorable à plusieurs titres. D’une part, la frilosité des banques, occupées à réduire leur bilan sous la pression du marché, rendait difficile le financement éventuel d’une acquisition à effet de levier (LBO). En outre, les initiatives du gouvernement Ayrault en matière fiscale avaient lancé un signal extrêmement défavorable aux professionnels de l’investissement et aux entrepreneurs, provoquant le gel de plusieurs projets de LBO. Enfin, «il a fallu réaligner les intérêts des actionnaires financiers, dont certains étaient entrés à des valorisations différentes. Cela a été achevé en janvier, au terme d’un travail de trois mois», indique une source impliquée.
«La société cherche à composer un tour de table d’investisseurs financiers doté d’une majorité claire», explique un proche. En dehors d’un pur LBO secondaire, les vendeurs seraient prêts à réaliser un build-up, c’est-à-dire à fusionner avec une autre société détenue par un fonds.
Mais la valorisation espérée ferait hésiter certains candidats, selon nos informations. Les vendeurs attendent près d’un milliard d’euros pour une société qui a réalisé 600 millions d’euros de chiffre d’affaires et 120 millions d’euros d’Ebita en 2012 – un ratio que peu de fonds sont disposés à payer et peu de banques à financer aujourd’hui.
Pourtant, ayant déjà réalisé deux émissions de dette high yield de 500 et 100 millions d’euros en 2011 et le mois dernier, la société a prouvé sa capacité à accéder aux marchés : elle est de ce fait moins dépendante des banques. «C’est cher, estime un professionnel qui regarde le dossier. Dans le contexte actuel, chacun fait preuve de prudence: il est difficile d’être toujours à l’aise avec les business plans présentés pour un LBO.»
Le groupe de divertissement et de paris sportifs se renforce dans la production de contenus grâce à cette acquisition. Après le rachat de JOA en début de semaine, il garde des marges de manœuvre.
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