Saudi Aramco, compagnie pétrolière d’Arabie saoudite
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Photo Aramco.
Cette fois, la situation commence à sérieusement inquiéter les investisseurs. Alors que le début de la guerre avait entraîné une hausse raisonnable du cours du pétrole en début de semaine, celui-ci a accéléré vendredi avant de flamber à la sortie du week(end.
Lundi après-midi, le Brent bondissait de 10%, à 102,4 dollars, après avoir touché un sommet depuis juin 2022 à près de 120 dollars. Le WTI américain a également franchi le seuil des 100 dollars mais il grimpe dans des proportions légèrement inférieures.
La guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran s’est poursuivie ces derniers jours et a même pris une tournure énergétique qui pourrait se révéler particulièrement dommageable pour la production mondiale d’or noir. Outre le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite de l’ordre de 20% du brut de la planète, des infrastructures pétrolières commencent à être prises pour cible. Des dépôts pétroliers iraniens ont été frappés ce week-end, l’Arabie saoudite a indiqué avoir intercepté des drones visant son champ Shaybah et une frappe a provoqué un incendie sur un site au Bahreïn. Dans ce contexte, les gardiens de la révolution ont menacé de provoquer une flambée du cours de l’or noir à 200 dollars en s’en prenant aux infrastructures de production de brut dans la région.
Le blocage prolongé du détroit d’Ormuz risque en outre de forcer les pays producteurs de la région à stopper totalement l’exploitation de certains champs si les stockages venaient à être entièrement remplis. Or, le redémarrage de sites entièrement arrêtés peut-être particulièrement long. Reuters rapporte déjà que le principal champ irakien a perdu 70% de sa production, à 1,3 million de barils par jour.
L’ensemble de ces éléments pourrait ainsi entraîner la perte prolongée de capacités de production y compris après l’arrêt de la guerre au Moyen-Orient, ce qui concourt à pousser les prix vers le haut.
Dans ce contexte, un message du président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social n’a pas aidé à inverser la tendance. «Les cours du pétrole à court terme, qui chuteront rapidement une fois que la menace nucléaire iranienne aura été anéantie, ne sont qu’un bien petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde», a-t-il estimé. Dans le même temps, la République islamique a nommé Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien Ayatollah, Ali Khamenei, tué par une frappe israélo-américaine, en tant que nouveau guide suprême.
Seule l’annonce, par le Financial Times, que les pays membres du G7 discuteraient d’un possible déblocage d’une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole a permis de calmer le jeu lundi matin.
De son côté, le cours du gaz européen TTF est également reparti à la hausse, bondissant de 9% en début de matinée, à plus de 58 euros le mégawattheure (MWh).
En réaction à cette flambée des prix de l’énergie, l’indice Euro Stoxx 50 perdait 1,1% peu après 16h, le CAC 40 abandonnait 1,14% et le Dax perdait 1%. A Wall Street, le S&P 500 reculait de son côté de 0,6%.
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