Le pétrole est à nouveau chahuté sous l’effet du coronavirus
Trois raffineries indépendantes chinoises de la province du Shandong ont annoncé mardi avoir vu leurs lignes de crédit revolving suspendues par crainte de défauts liés au coronavirus, qui fait chuter les ventes de carburant et augmenter les stocks de pétrole raffiné en Chine.
Au-delà du probable gel des achats de ces sociétés (12 millions de tonnes par an, 250.000 barils par jour, plus de 6,2 millions de barils par mois), ce mauvais signal tombe alors que l’inquiétude reprend de plus belle concernant la propagation mondiale de l’épidémie, et a de nouveau fait chuter les cours du baril depuis dimanche, de 59,31 à 53,34 dollars pour le contrat avril 2020 sur le Brent.
Goldman Sachs a désormais réduit ses prévisions de croissance de la demande de pétrole pour 2020 de 1,2 million de barils par jour (mbj) à 600.000, malgré une amélioration prévue au second semestre. Ce qui semble encore «prudent» par rapport aux prévisions qui, début février, parlaient de -1 mbj par trimestre pour un blocage d’un mois.
Réductions accrues
L’Agence internationale de l'énergie (AIE) anticipait alors une baisse de -435.000 barils par jour sur janvier-mars, de -365.000 pour une demande moyenne à 825.000 barils par jour sur 2020, son plus bas niveau depuis 2011 en incluant un retour à 1,2 mbj puis 1,5 mbj sur le reste de l’année.
Mercredi, les cours ont pu légèrement remonter avec l’espoir de réductions accrues de la production quotidienne par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés : l’Opep+ se réunira bien le 6 mars à Vienne, a minima pour prolonger au-delà du premier trimestre les réductions de production quotidienne actuelles (-1,7 mbj depuis décembre), voire pour les augmenter d’au moins -600.000 barils par jour comme recommandé par son comité technique mi-février. «Sur un marché structurellement excédentaire d’au moins 500.000 barils par jour, ce soutien reste indispensable pour certains pays comme l’Arabie saoudite qui n’équilibrent plus leur budget au-dessous de 70 dollars, rappelle Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine. Et d’autant plus que les prix du gaz naturel ont aussi chuté, de 6 à 3 dollars/million BTU depuis novembre à cause du ralentissement économique mondial anticipé.»
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