La part de marché de l’Opep va s’éroder au cours des prochaines années face à l’afflux de production américaine, estime l’Agence internationale de l’énergie.
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Bastien Bouchaud
La croissance de la production américaine de schiste l’an dernier a déjà «battu toutes les attentes».
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photo Continental Resources Inc.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) semble prise entre Charybde et Scylla. Après avoir fait tout son possible pour défendre ses parts de marché, ce qui a entraîné la division par plus de quatre du prix d’un baril de Brent entre fin 2014 et début 2016, le cartel a choisi de restreindre sa production pour soutenir les prix. La stratégie a été couronnée de succès, le baril de pétrole étant remonté à plus de 60 dollars depuis le début de l’année. Mais la remontée des cours a alimenté la folle croissance de la production américaine de pétrole de schiste, qui devrait répondre à plus de 80% de la croissance de la demande au cours des trois prochaines années, selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publiées hier dans son rapport prospectif annuel.
Marchés en surplus
«Les Etats-Unis sont voués à marquer de leur empreinte les marchés pétroliers au cours des cinq prochaines années», souligne ainsi le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol. La croissance de la production américaine de schiste l’an dernier a déjà «battu toutes les attentes», souligne l’AIE, qui a revu à la hausse ses prévisions pour l’industrie américaine. L’organisation intergouvernementale s’attend désormais à ce que la production américaine atteigne 12,1 millions de barils de brut par jour d’ici à 2023, portée par le bassin permien, dont la production devrait doubler sur la période.
Outre les Etats-Unis, le Brésil, le Canada et la Norvège vont également augmenter leur production au cours des prochaines années, ce qui répondra largement à la croissance de la demande mondiale. De fait, même si l’Opep maintenait ses quotas de production réduits, les marchés se retrouveraient de nouveau en surplus en 2019 et 2020, observe l’AIE alors même que le cartel s’interroge sur sa stratégie de sortie de l’accord sur la réduction de la production.
Et le cartel fait face à d’autres défis à moyen terme. Si la production américaine de pétrole devrait fortement croître, les capacités de production de l’Opep sont attendues en hausse de seulement 750.000 barils par jour d’ici 2023, soit 62% de moins que lors du précédent rapport du fait de l’effondrement de l’industrie pétrolière vénézuélienne. D’ici à 2023, la part de marché de l’Opep passerait d’environ 40% à 35%, tandis que les capacités de production inutilisées tomberaient à leur plus bas niveau depuis 2007, laissant les marchés pétroliers plus vulnérables à des chocs de volatilité.
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