Le patron de JPMorgan fait face au vote de confiance des actionnaires
Ils s’expriment aujourd’hui en assemblée générale sur la scission des fonctions de président et directeur général, cumulées par Jamie Dimon
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Antoine Landrot
Le patron de JPMorgan fragilisé face aux actionnaires. Photo: Bloomberg
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L’assemblée générale de JPMorgan, qui se déroule aujourd’hui, verra peut-être la fin de la toute-puissance de Jamie Dimon, président et directeur général de la banque américaine. Les actionnaires devront notamment se prononcer sur le cumul des deux fonctions par le même homme, qui mène le mastodonte de la finance d’une main de fer depuis 2006. Le vote n’est toutefois pas contraignant.
La position de force de Jamie Dimon, incontestée jusqu’à récemment, s’est effritée sous le coup des scandales ayant éclaboussé JPMorgan depuis un an, comme l’affaire de la «baleine» de Londres (qui a coûté plus de 6 milliards de dollars à la banque), ou l’attention dont l’établissement fait l’objet de la part de la FERC, la commission fédérale qui réglemente l’énergie, et de l’OCC, le bureau de contrôle des changes. Les sociétés de conseil en gouvernance d’entreprise (proxies) ISS et Glass Lewis ont ainsi recommandé aux actionnaires de nommer au poste de président un directeur indépendant et de ne pas réélire les membres du comité des risques, qui réunit notamment des membres du comité exécutif (David Cote, James Crown et Ellen Futter).
Quelles sont les chances des partisans d’une séparation des fonctions ? Les recommandations des proxies ne sont pas toujours suivies. La tentative précédente d’ISS en faveur d’un président indépendant, en 2012, s’est soldée par un échec. Il faut dire que les chiffres plaident en faveur du maintien de Jamie Dimon: en dépit de la perte engendrée par la «baleine», JPMorgan a dégagé 21 milliards de dollars de bénéfices nets l’année dernière.
«Nous ne pensons pas que cet incident a définitivement réduit la faculté de Dimon de diriger le groupe. Il est plus probable que la perte de la ‘baleine’ ait encouragé la direction à faire de la gestion des risques une priorité à tous les niveaux de son activité», estiment les analystes de CreditSights, sans exclure la probabilité d’une issue défavorable pour Jamie Dimon.
Dans ce cas, la question de l’avenir du PDG emblématique – lequel laisse également sous-entendre qu’il pourrait démissionner si sa double casquette était remise en cause – reste entière. En cas de départ, Michael Cavanagh – le codirecteur de la banque d’investissement, qui a défendu son patron – apparaît comme successeur légitime. Une période d’intérim pour un éventuel passage de témoin n’est pas à exclure.
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