Le Parlement européen rejette la candidature de Sylvie Goulard à la Commission
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La candidature de la Française Sylvie Goulard au poste de commissaire européenne au Marché intérieur, entachée par des ennuis judiciaires et des soupçons de conflit d’intérêts, a été rejetée jeudi par le Parlement européen. Les eurodéputés ont rejeté sa candidature par 82 voix contre 29, et une abstention, à la suite d’une seconde audition de l’ancienne ministre des Armées, qui n’a pas convaincu.
«Nous prenons acte du vote négatif du Parlement européen à l'égard de Sylvie Goulard. Sa compétence ni son engagement européens ne sont en cause, ils sont reconnus par tous», a réagi l’Elysée dans un communiqué. La présidence de la République a déploré que la candidature de Sylvie Goulard ait «fait l’objet d’un jeu politique». Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), la première force politique du Parlement européen, avaient fait savoir dès la mi-journée qu’ils s’opposeraient à sa nomination.
La présidence de la République a indiqué qu’Emmanuel Macron échangera avec la présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula Von Der Leyen, «pour examiner les suites à donner, dans le respect du portefeuille attribué à la France». Sylvie Goulard devait prendre un portefeuille large, regroupant le Marché intérieur, l’Industrie, la Défense, l’Espace, le Numérique et la Culture.
La nouvelle Commission européenne doit entrer en fonction le 1er novembre. La tâche se complique pour sa présidente qui devait déjà composer avec le rejet des candidatures de la Roumaine Rovana Plumb et du Hongrois Laszlo Trocsanyi, invalidées en septembre pour des conflits d’intérêts présumés.
Symvie Goulard, ancienne députée européenne (2009-2017), est sous le coup de deux enquêtes - une de la justice française et une de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) - pour l’affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés MoDem, qui l’avait contrainte à démissionner du gouvernement français en juin 2017, après un mois d’exercice. Les réserves des députés, qui évoquaient un possible conflit d’intérêts, concernaient en outre son travail de consultante, entre 2013 et janvier 2016, pour l’institut Berggruen, un think tank fondé par le milliardaire américano-allemand Nicolas Berggruen, pour plus de 10.000 euros bruts par mois.
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