Le Nasdaq s’attaque au marché européen des dérivés de taux
La Bourse américaine lance aujourd’hui NLX, sa plate-forme londonienne, pour bousculer le duopole constitué par Nyse Liffe et Eurex
Publié le
Alexandre Garabedian
Quelques jours après Eurex, le Nasdaq vient défier le Liffe. La Bourse américaine lance aujourd’hui NLX, sa plate-forme de dérivés de taux en Europe. Un projet annoncé en 2012 et qui a reçu, le 29 mai, le feu vert des autorités britanniques. Basée à Londres sur les terres du Liffe, NLX utilisera les services de compensation de LCH.Clearnet.
La nouvelle plate-forme s’est assuré le soutien d’un certain nombre d’acteurs du marché. Côté banques, BNP Paribas, Citigroup, Nomura, RBS et UBS ont accepté d’y négocier des dérivés, a annoncé hier le Nasdaq. Une petite dizaine de courtiers et de traders se sont également montrés intéressés par le projet, dont Getco et Newedge.
NLX proposera dans un premier temps six contrats futures sur l’Euribor 3 mois, les taux en sterling 3 mois, les Gilts de maturité longue, et les emprunts d’Etat allemands à 2 ans (Schatz), 5 ans (Bobl) et 10 ans (Bund). C’est en cela que son offre se distingue de celle de Nyse Liffe et d’Eurex. Le premier domine le marché européen des dérivés de taux courts, avec son contrat star sur l’Euribor 3 mois. Eurex détient un quasi-monopole sur les produits longs avec ses contrats sur la dette allemande, complétés récemment par des futures sur les BPT italiens et les OAT françaises.
Le Nasdaq veut donc faire éclater ce duopole en intervenant sur l’ensemble de la courbe. «NLX apporte de la concurrence sur les dérivés de taux en Europe en permettant de traiter et de compenser une sélection de contrats sur un seul marché low cost, alors qu’ils l’ont été traditionnellement sur deux plates-formes séparées», indiquait hier Mike du Plessis, coresponsable mondial de l’exécution des dérivés chez UBS, cité dans le communiqué du Nasdaq. Conscient de la menace, Eurex vient d’annoncer qu’il relançait son contrat Euribor pour élargir son offre.
Cette bataille se déroule alors que la réglementation incite à traiter et à compenser de manière croissante les dérivés sur des Bourses. Ironie de l’histoire, la Commission européenne s’était opposée en 2012 au projet de mariage de Nyse Euronext et de Deutsche Börse au motif que le rapprochement de leurs deux filiales, le Liffe et Eurex, créerait un monopole en Europe. Une décision qui a ouvert le marché aux Américains: ICE a lancé une offre de rachat de Nyse Euronext pour mettre la main sur le Liffe, tandis que le CME cherche, comme le Nasdaq, à développer une plate-forme européenne.
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