Le mariage Nyse Euronext - Deutsche Börse franchit une première étape
C’est un oui franc que les actionnaires de Nyse Euronext ont réservé au projet de rapprochement avec Deutsche Börse. Selon des résultats préliminaires, des détenteurs de titres représentant 66% du capital ont donné leur feu vert, soit bien au-delà du plancher requis de 50% plus une voix. L’opération, entièrement en actions et assortie d’un dividende exceptionnel de 620 millions d’euros, donnera à l’opérateur allemand 60% de l’entité combinée, tandis que le PDG de Nyse Euronext, Duncan Niederauer, en sera le capitaine.
Ce dernier a fait part de sa «grande confiance» quant au fait que les actionnaires de Deutsche Börse consentiront à leur tour à ce mariage. Ils ont jusqu’au 13 juillet pour apporter leurs titres à l’offre de fusion, le seuil minimal d’acceptation étant fixé à 75%. Dans le prolongement des critiques qu’il avait déjà formulées, le comité d’entreprise de Deutsche Börse a déconseillé hier aux actionnaires de soutenir le projet.
Un accroc qui n’est pas de nature à remettre en question l’optimisme des dirigeants. «En supposant que les choses aillent dans le sens que nous souhaitons, nous aurons l’opportunité de passer le reste de l’année à tenter de surmonter le processus réglementaire et à nous attaquer à la tâche de créer de la valeur pour les actionnaires», a estimé Duncan Niederauer.
C’est effectivement cette barrière réglementaire qui paraît aujourd’hui la plus imposante. Les services de la concurrence auprès de la Commission européenne devraient se prononcer au plus tard le 4 août sur la nécessité d’un examen approfondi, qui se traduirait alors par un délai additionnel de 90 à 105 jours. La nouvelle entité aura sous sa coupe les deux premiers marchés de dérivés en Europe - Eurex et Liffe - et contrôlera environ 29% du trading actions de la zone, selon BATS Global Markets.
Si Nyse Euronext et Deutsche Börse semblent bien engagés sur le chemin de la consolidation, il n’en va pas de même pour le London Stock Exchange, qui a vu son projet d’union avec le canadien TMX échouer. De l’avis des observateurs, l’opérateur britannique constitue désormais une proie de choix pour l’américain Nasdaq. Le scénario d’un rachat de Chi-X Europe par BATS a par ailleurs du plomb dans l’aile, l’Office of Fair Trading (OFT) ayant décidé de renvoyer le projet devant l’Autorité de la concurrence britannique.
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