Le marché primaire actions se ranime en Europe
Après les banques, l’étau se resserre autour des entreprises exposées à la récession et aux tensions de liquidité. Les sociétés n’ayant plus accès au marché de la dette et qui voient leurs lignes de crédit se tarir sont contraintes d’augmenter leur capital. Dans le contexte actuel de ralentissement économique, les secteurs les plus exposés sont les premiers à venir tester le primaire: l’automobile (Faurecia a annoncé une émission de 450 millions d’euros début février), l’immobilier, notamment britannique (British Land, Hammerson), et les secteurs cycliques, comme la construction (Lafarge, Saint-Gobain).
«Depuis janvier, environ 50 milliards d’euros d’augmentation de capital ont été déjà annoncées. Vu la détérioration des conditions économiques, les entreprises, quel que soit le secteur, sont contraintes de sécuriser leur création de valeur future en renforçant notamment leurs fonds propres, explique Valérie Vitter Mouradian, responsable origination actions pour l’Europe du Sud chez RBS. Les investisseurs sont prêts à accompagner les entreprises, nous estimons les appels au marché à 150 milliards d’euros en 2009 et 2010».
Mais le marché primaire actions constitue aussi un passage obligé pour accéder au marché de la dette, plus approprié pour financer les ressources long terme. «Pour certaines sociétés à la situation tendue sur le rating ou l’accès au financement, l’augmentation de capital reste la seule voie de financement actuellement disponible qui puisse régler les difficultés de liquidité des entreprises. Elle leur permet surtout de préparer leur retour sur le marché de la dette, explique Laurent Morel, reponsable global origination actions chez SG CIB. C’est le cas de Lafarge, dont la levée de fonds s’accompagne d’une restructuration de sa dette.
Les émetteurs donnent cependant des gages. «Il est impératif que les entreprises rassurent le marché en obtenant le soutien des actionnaires de référence et en sécurisant au maximum l’émission d’actions», souligne Laurent Morel. En témoignent l’opération Faurecia, appuyée par PSA, ou celle de Lafarge, soutenue par ses deux premiers actionnaires. «Les actionnaires de référence ont tendance cette année à souscrire aux augmentations de capital à hauteur de leur quote-part, c’est un signal fort pour les investisseurs institutionnels», précise Valérie Vitter Mouradian.
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