Le marché obligataire apprend à vivre avec une BCE moins active
Depuis ce 2 janvier, le marché obligataire européen doit prendre en compte la nouvelle réduction des achats de dette menés par la BCE. La Banque centrale n’achètera ce mois-ci que 30 milliards d’euros de titres sur le marché, tous instruments confondus (emprunts d’Etat, corporate, covered bonds…) auxquels s’ajoutera de manière discrétionnaire le réinvestissement des tombées du portefeuille. En janvier, 8,32 milliards d’euros arrivent à échéance et ont vocation à être réinjectés dans des titres de la même juridiction.
Le retour des obligations souveraines
Les opérateurs avaient déjà descendu sans dommages une première marche d’escalier, de 80 à 60 milliards d’euros d’achats mensuels, en avril 2017. Hier, le marché obligataire en zone euro a réagi par un léger mouvement de vente, avec des rendements italiens et portugais se tendant de 6 et 7 points de base. La perspective d’une reprise des émissions souveraines, avec une possible syndication la semaine prochaine d’un emprunt du Portugal, a pu peser sur la courbe hier. Le mois de janvier est toujours chargé, les Trésors ayant tendance à anticiper le plus possible leurs émissions pour prendre de l’avance sur leurs programmes de financement. Et cette année, offre et demande devraient enfin se rééquilibrer : l’offre nette de titres d’Etat devrait être à peu près nulle en raison de la baisse des rachats de la BCE, contrairement à 2017 où elle a été négative de 300 milliards d’euros, rappellent les stratégistes de SG CIB.
Les covered bonds rouvrent le marché primaire
Les investisseurs ont cependant largement eu le temps d’intégrer les changements annoncés par la BCE le 26 octobre dernier. A 0,45% (+2,5 pb hier), le taux du Bund allemand à 10 ans est quasiment équivalent au niveau qui était le sien lorsque l’institution a dévoilé les modalités de son « tapering ».
Le marché primaire, lui, revient lentement à la vie. Les émetteurs d’obligations sécurisées ont été les premiers à dégainer hier. La banque allemande LBBW a placé 1 milliard d’euros à 7 ans. Trois covered bonds en euros sont par ailleurs dans le tuyau, dont un emprunt à 10 ans de la Compagnie de financement foncier, qui a mandaté à cet effet Deutsche Bank, DZ Bank, Natixis, Santander et UBS.
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