Après une forte activité primaire, des signes d’indigestion apparaissent. Mais le placement d’Iliad, contraint de revoir certains termes de son émission, reste un cas particulier.
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Xavier Diaz
Depuis mi-septembre, les signatures de moins bonne qualité sous-performent.
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Les courbes de crédit se sont repentifiées à la fois sur les maturités et les ratings, le signe que les investisseurs privilégient les maturités courtes et les émetteurs les plus sûrs, relève Juan Valencia, stratégiste chez Société Générale CIB. L’écartement a été encore plus marqué pour le high yield (341 pb, soit +21 pb depuis début octobre). Avec une sous-performance des émetteurs notés B. Leur performance est négative de -0,56% en octobre avec un écartement de plus de 29 pb. Le spread des émetteurs BB est quant à lui plus large que celui des entreprises américaines de même notation, pour la première fois depuis mi-2019, relèvent les stratégistes de JPMorgan.
«Depuis mi-septembre, nous observons un écartement des spreads. Les signatures de moins bonne qualité sous-performent. Cela est dû à la crainte macroéconomique d’un scénario de stagflation mais aussi à la taille conséquente du marché primaire pour le dernier trimestre de l’année», explique Thomas Sanson, gérant HY chez Muzinich.
Marché primaire actif
Cette semaine, six émetteurs HY veulent émettre sur le marché euro. Mardi, l’italien Almaviva, TUI Cruises et Burger King ont annoncé des opérations pour refinancer leurs dettes. Ils s’ajoutent à Multiversity (un groupe italien d’e-learning), Cerba et Polynt pour des refinancements d’acquisitions ou de LBO. Au total, ce sont 3,2 milliards d’euros qui doivent être placés dans les prochains jours.
Dans ce marché plus compliqué, les investisseurs commencent à montrer des signes de saturation. La tranche en euro proposée par le britannique Aggreko, un spécialiste de la location de générateurs électriques, a été placée en haut de fourchette de prix indicative (5-5,25%). «C’est un nouveau signe de la nervosité croissante entourant les actifs risqués et de l’indigestion du marché», relève Benjamin Sabahi, responsable de la recherche crédit chez SpreadResearch.
Le placement réalisé par Iliad destiné à refinancer le retrait de la Bourse, un important morceau à digérer par le marché (1,85 milliard en euros et 2,1 milliards en dollars), a pris plus de temps qu’initialement prévu. Les obligations en euro ont été placées avec des coupons supérieurs aux indications initiales mais ont très bien performé sur le marché secondaire une fois l’opération réalisée.
Prudence des investisseurs
En revanche, les tranches en dollar ont eu plus de mal à être placées. «Iliad est un nouvel émetteur peu connu des investisseurs américains qui ont été échaudés par le dernier gros émetteur européen sur le marché dollar dans les télécoms Altice», relève Benoit Soler, gérant chez Keren Finance. Cela a obligé Iliad à revoir certaines clauses de la documentation des émissions (notamment sur les calculs d’endettement ou de possibilités d’acquisitions ou de dividende) les rendant plus favorables aux détenteurs d’obligations. Les coupons ont également été relevés par rapport aux indications initiales.
Bien que particulier, ce cas ne reflète pas moins la nervosité du marché. Burger King, habitué de ce marché, propose trois tranches dont une PIK (pay-in-kind). L’accueil par le marché de cette opération sera un nouveau test.
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