Le marché des fusions et acquisitions poursuit sa dégringolade
Depuis le début de l’année, des bataillons entiers de banquiers d’affaires ont changé de maison. Certains établissements peu en vue dans les classements, comme la Société Générale et Barclays Capital, ont même annoncé leur intention de profiter de la crise pour recruter chacun plusieurs dizaines de collaborateurs et devenir des acteurs de premier plan dans cette activité. Mais si le marché des transferts se montre très actif, celui des M&A proprement dit reste en pleine déprime.
A fin mai, le volume des transactions annoncées dans le monde pour les cinq premiers mois de 2009 affiche ainsi un recul de 38 % sur un an. Il est tombé à 740 milliards de dollars, selon Thomson Reuters, signant là son plus faible démarrage depuis 2004. Sur le mois en cours, les volumes plafonnent à 128 milliards. Soit le mois de mai le plus calme depuis six ans, lors du précédent bas de cycle provoqué par l'éclatement de la bulle internet.
Une modération que reflète également notre classement hebdomadaire des opérations impliquant une partie européenne, réalisé par mergermarket (voir tableau). En Europe, le recul sur un an de la valeur des M&A depuis le début de l’année approche d’ailleurs les 50 % selon Thomson Reuters.
La faiblesse des fusions et acquisitions se répercute en partie sur le marché des prêts syndiqués. S’y ajoutent la réduction des investissements des entreprises, et la tendance de ces dernières à solliciter massivement le marché obligataire depuis le début de l’année. Résultat, le marché de la syndication de prêts se contracte de 57 % sur un an à fin mai, alors que les banques avaient déjà bien resserré le robinet du crédit début 2008. Sur le mois de mai, seulement 11,9 milliards de dollars de prêts syndiqués ont été émis en Europe, soit une division par cinq en un an.
Si les volumes de M&A se contractent, les commissions encaissées par les banques d’affaires dégringolent encore plus vite. Sur 2009, les fees relatives à des transactions bouclées dans le monde s’élèvent à 6,3 milliards de dollars, soit une chute de 58 %. Le mois de mai représente là encore un record à la baisse, à égalité avec février. Les banques d’affaires aujourd’hui actives sur le front des recrutements devront patienter un moment avant de rentabiliser leurs investissements.
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