Le Japon a contribué à soutenir les fusions dans l’énergie durant l’été
L’Archipel poursuit ses efforts de croissance externe dans le gaz de schiste et les sables bitumineux en Amérique du Nord
Publié le
Yves-Marc Le Reour
Entamé voici un an, le repli de l’activité en matière de fusions et acquisitions s’est accéléré cet été, montre la dernière étude d’Allen & Overy (M&A Index). A l’échelle mondiale, le nombre de transactions (394 entre juillet et septembre) a chuté de 41% d’une année sur l’autre, tandis que le montant global sur la période a reculé de 35% à 354 milliards de dollars, ce qui constitue «la plus mauvaise performance depuis le deuxième trimestre 2009», relève le cabinet d’avocats.
Malgré la baisse des valorisations, des taux d’intérêt très bas et une trésorerie abondante au sein des grandes entreprises, les incertitudes en Europe et la hausse du cours des matières premières ont largement contribué au manque de confiance et à l’attentisme des investisseurs.
Si l’ensemble des secteurs suivis par Allen & Overy affiche un recul de l’activité, l’énergie est le secteur ayant le mieux tiré son épingle du jeu au cours des trois derniers mois. Le nombre d’opérations (66) y a certes diminué de 31% en rythme annuel, mais la valeur des transactions a atteint 67,6 milliards sur la période, soit une érosion de seulement 2,4%. La principale explication est à rechercher du côté du Japon qui poursuit ses efforts de croissance externe dans le gaz naturel liquéfié, notamment en Australie. Les sociétés nippones du secteur manifestent également «un intérêt grandissant pour les gisements de gaz de schiste et de sables bitumineux en Amérique du nord et elles convoitent les ressources en matières premières de certains pays émergents comme la Birmanie et le Vietnam». Le gouvernement nippon a par ailleurs récemment publié de nouveaux tarifs visant à promouvoir les énergies renouvelables, notamment dans le solaire.
On remarque également que les cessions d’actifs ont représenté 43% de la valeur des opérations dans ce secteur, ce qui traduit le recentrage des activités de certaines «majors» comme BP. Malgré une hausse des marges de raffinage depuis le printemps dernier, les compagnies présentes dans l’aval pétrolier cherchent toujours à réduire leur exposition à ce segment, mais avec un succès mitigé «en raison du manque d’acheteurs intéressés combiné à un problème de prix de cession».
Enfin, les transactions dans l’amont pétrolier et gazier sont restées dynamiques, notamment en Afrique et en mer du Nord, une tendance qui devrait se poursuivre, juge le cabinet d’avocats.
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