Le gouvernement relève à 2,6% sa prévision de déficit pour 2018
Rentrée difficile pour le gouvernement. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé ce matin que le déficit public de la France est maintenant attendu à 2,6% du produit intérieur brut cette année, soit 0,3 point de plus que prévu précédemment, en raison de la croissance plus faible. « Nous étions à 2,3%. La moindre croissance va nous amener autour de 2,5 points de déficit. Il faut y ajouter la reprise de la dette de SNCF Réseau, qui représente 0,1 point, ce qui nous met à 2,6% », a calculé le ministre lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef). A 2,6%, le déficit serait stable par rapport à 2017.
La trajectoire du dernier programme de stabilité des finances publiques diffusé en avril situait le déficit 2018 à 2,3% sur la base d’une croissance du PIB attendue à 2,0%. Sur ce point, Bruno Le Maire a souligné que le consensus des économistes la situait à 1,7%, une « hypothèse qui semble raisonnable » mais le gouvernement, qui tablait sur 2,0% depuis le printemps, ne retiendra définitivement que si l’Insee confirme mercredi le début d’année poussif de l'économie française.
Face à cette dégradation, Bruno Le Maire a dévoilé ce matin plusieurs mesures touchant les entreprises, pour un montant de plus de 3 milliards d’euros. « Nous avions prévu un allègement supplémentaire de quatre points des cotisations sociales au niveau du smic pour toutes les entreprises dès le 1er janvier 2019. J’ai proposé au président de la République et au Premier ministre que nous reportions cet allègement au 1er octobre 2019 », a indiqué le ministre. Autre mesure : une augmentation du taux de versement du cinquième acompte de l’impôt sur les sociétés pour celles de plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Il n’y aura pas d'élargissement mais celles qui y sont soumises verront le taux augmenter » par rapport aux trois tranches existant aujourd’hui (80%, 95% et 98%), a-t-il précisé. « Ces taux seront désormais de 95% pour les entreprises de 250 millions à 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 98% pour les entreprises de 1 milliard à 5 milliards de chiffre d’affaires et 98%, taux inchangé, pour les entreprises de plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. »
Cette contribution complètera les économies prévues par le gouvernement sur les prestations sociales et les suppressions de postes de fonctionnaires annoncées dimanche par le Premier ministre.
Dans son programme de stabilité, envoyé au printemps à la Commission européenne, le gouvernement avait annoncé un déficit à 2,3% du PIB cette année et une dette publique qui devait pour sa part se réduire à 96,4% du PIB, avant une baise progressive jusqu'à 89,2% en 2022. « Je vous confirme que nous ferons cinq points de dette publique en moins sur la durée du quinquennat », a promis Bruno Le Maire, tout en laissant planer le doute sur les chiffres de 2018 et 2019.
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