Le gouvernement achève de durcir le régime de la CSG sur les produits d’épargne
25 ans après son entrée en vigueur, la CSG (contribution sociale généralisée) est bien le premier impôt sur le revenu existant en France, avec une recette qui dépassera les 120 milliards d’euros en 2018, compte tenu de la hausse de 1,7 point, contre 78 milliards pour l’impôt progressif sur le revenu. Et, à mesure que les recettes augmentent, la législation se durcit, notamment s’agissant de l’épargne. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, rendu public dans ses grandes lignes ce jeudi, prévoit ainsi d’aligner tous les produits d’épargne tels que le PEA ou l’épargne salariale sur le régime de l’assurance vie voté à l’automne 2013.
De quoi s’agit-il ? Jusqu’au 26 septembre 2013, lors d’un rachat d’assurance vie, sur un contrat en unités de compte, la CSG applicable était celle en vigueur au moment où le produit avait été encaissé. Ainsi, sur une prime versée en 2004, rachetée en 2012, le taux de CSG (et autres prélèvements sociaux liés) dépendait de l’année d’encaissement des gains: 11% pour les revenus accumulés entre 2004 et 2008, 12,1% pour ceux des années 2009 et 2010, etc;, à mesure que montait en puissance la CSG.
Depuis septembre 2013, c’est le taux en vigueur au moment du rachat qui s’impose, quelle que soit l’année d’encaissement des gains. Cette réforme avait été contestée car imposant une rétroactivité fiscale, et soumise au Conseil constitutionnel, mais celui-ci l’avait avalisée.
Ce régime propre à l’assurance vie, le gouvernement veut l’étendre aux autres produits d’épargne, notamment le PEA ou l’épargne salariale. Au nom de la simplification, un article du projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoira donc une «application du taux des prélèvements en vigueur à la date du fait générateur» (autrement dit, le rachat), selon le dossier remis à la presse. Cela «permet de garantir que la hausse de la CSG (…) s’appliquera bien pour tous les faits générateurs intervenant à compter du premier janvier 2018 dans des conditions identiques à tous les produits d’épargne». Concrètement, les produits issus des sommes placées sur un PEA ou en épargne salariale seront soumis à des prélèvements sociaux de 17,2% en 2018, quelle que soit leur date d’encaissement.
Le texte du projet de loi de financement de la sécurité sociale permettra de préciser ce nouveau régime.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie veut instaurer l'exit tax pour retenir les millionnaires
Calquée sur le modèle français avec quelques nuances, la proposition de taxe concerne les titulaires d’un patrimoine financier supérieur à 800.000 euros qui seraient tentés par un départ de la Botte. -
Réductions de capital avec rachat de titres : l’étau fiscal se resserre
Longtemps traitées avec une relative neutralité fiscale, les réductions de capital font l'objet d'un durcissement fiscal progressif, analysent dans une tribune pour l'Agefi Christine Daric, associée, et Thomas Poiret, counsel, chez BCLP. -
Le Premier ministre britannique joue la prudence pour son premier budget
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ? -
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat