«Le FSI ne peut pas investir dans chaque entreprise stratégique française»

Le nombre de dossiers a significativement augmenté avec la crise, indique à L’Agefi Jean-Yves Gilet, le directeur général du Fonds stratégique d’investissement
Olivier Pinaud

L’Agefi: Le FSI va-t-il participer à l’augmentation de capital de Peugeot, un dossier au cœur des discussions actuelles sur la désindustrialisation de la France ?

Jean Yves Gilet : Cette hypothèse n’a pas été envisagée. De plus, cette entreprise bénéficie largement d’un accès aux différents mécanismes de financement.

La campagne électorale complique-t-elle l’action du FSI, en renforçant les pressions politiques ou médiatiques pour investir dans telle ou telle entreprise ?

Nous rencontrons un afflux significatif de dossiers, mais celui-ci est proportionnel aux difficultés des entreprises. Nous regardons avec le même sérieux tous les dossiers qui nous sont remontés par les élus ou par l’Etat. Au FSI de trouver la réponse adaptée ou de décider de ne pas investir. Il existe de nombreuses entreprises stratégiques en France mais le FSI ne peut pas investir dans chacune d’elles. La gouvernance du FSI, organisée autour de cinq forces (l’Etat, la CDC, le Parlement, le Comité d’orientation stratégique et des administrateurs indépendants), est garante de ce fonctionnement.

Le départ d’Augustin de Romanet et son remplacement temporaire à la présidence du FSI par Antoine Gosset-Grainville peuvent-il entraîner une instabilité à la tête du fonds ?

La gouvernance du FSI est statutaire. Ma mission de directeur général, mandataire social d’une société anonyme, est définie par les statuts. Elle n’est pas liée à la présidence du conseil.

Vous avez déprécié de 229 millions d’euros la valeur de vos participations fin 2011, alors que le portefeuille du FSI affichait 902 millions d’euros de moins-values latentes. D’autres dépréciations sont-elles prévues ?

Nous étions en 2011 dans un bas de cycle boursier. Le début de l’année 2012 a connu un rebond. Nos travaux de valorisation ont montré que sur le long terme nous n’avions pas besoin d’aller plus loin dans les dépréciations. Nous ne faisons pas du «mark to market».

Pourquoi payer à Areva une partie du bloc d’actions Eramet en titres Danone et Air Liquide ?

D’une part, cela nous permet de préserver des marges de manœuvre pour l’avenir. Ces actions étaient cessibles et en plus-value. D’autre part, ce mode de paiement répond à un besoin spécifique d’Areva et devrait rester marginal. Le portefeuille de participations stratégiques du FSI a été constitué il y a trois ans et nous ne nous posons pas encore la question de leurs cessions.

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