Le FSI déploie ses fonds dédiés aux filières industrielles
Le Fonds stratégique d’investissement (FSI) entend compléter sa gamme de fonds sectoriels. Au cours de l’année dernière, le fonds, détenu à 51% par la Caisse des dépôts et à 49% par l’Etat, a identifié 15 filières. Ses équipes ont sélectionné celles qui devront faire l’objet d’une organisation. «Nous avons établi un plan de travail depuis le mois de septembre pour rencontrer 250 entrepreneurs-clés. Nous en avons déjà rencontré une centaine. Une connaissance très fine des filières nous permettra de bien les structurer», précise Jean-Yves Gilet, directeur général du FSI.
Dans les semaines à venir, le FSI devrait annoncer quatre nouveaux véhicules: les technologies médicales, le ferroviaire, le nucléaire et l’aéronautique. Leur montant unitaire devrait varier entre 80 et 200 millions d’euros, en fonction de l’appétit des co-investisseurs et des besoins de chaque secteur. L’idée est en effet de solliciter leurs principaux donneurs d’ordres. Le Fonds de modernisation des entreprises du ferroviaire (FMEF) est par exemple susceptible d’accueillir la SNCF, RFF, Alstom, Siemens, ou Bombardier. Le FSI souhaite rester minoritaire, idéalement à hauteur d’un tiers.
InnoMedTech est en train de voir le jour. Bercy avait déjà annoncée sa naissance fin janvier, lors du cinquième Conseil stratégique des industries de santé. Doté d’une enveloppe située entre 70 et 80 millions d’euros, «ce fonds financera les projets où la recherche médicale française est reconnue, comme l’imagerie, le diagnostic ou la prothèse», précise Jean-Yves Gilet.
De tels véhicules complèteront donc la gamme des fonds filières. Certains secteurs étaient déjà couverts: l’automobile (à travers le FMEA, doté de 600 millions d’euros), les biotechnologies (InnoBio), la filière sylvicole (le Fonds bois), sans oublier le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (destiné à la relance d’entreprises en difficulté, lancé avec des établissements financiers).
Cependant, le FSI ne souhaite pas associer un véhicule à chacune des 15 filières, pour ne pas concurrencer d’autres sociétés de gestion. «Nous avons par exemple décidé de ne pas couvrir le secteur numérique, car France Telecom et Publicis ont déjà créé une structure de capital-risque, sans compter le Fonds national pour la société numérique», explique Jean-Yves Gilet. Il reste à s’assurer que le fonds aéronautique ne contrarie pas les industriels du secteur, qui alimentent déjà les fonds d’ACE Management.
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